Le président des États-Unis, Donald Trump, veut renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) avec le Canada et le Mexique. Selon lui, cette entente s'est avérée néfaste pour les Américains et a mené à d'importantes pertes d'emploi.

Un texte d'Olivier Bachand

Il l'a dit tout au long de la campagne électorale américaine et il le répète. Donald Trump est convaincu que les accords de libre-échange conclus par les États-Unis ont désavantagé le pays et ses travailleurs.

« Ce n'est pas du libre-échange. Nous sommes les seuls à laisser entrer les produits étrangers aussi facilement sur notre territoire », a-t-il déclaré devant la presse lors d'une réunion avec des gens d'affaires à la Maison-Blanche alors qu'il entame sa première semaine à titre de président.

Au cours des derniers mois, Donald Trump a signalé à maintes reprises qu'il souhaitait renégocier l'ALENA, quitte à s'en retirer si jamais il n'obtenait pas les changements réclamés.

ALENA : quels impacts aux États-Unis?

Entré en vigueur en 1994, l'Accord de libre-échange nord-américain a mené à l'abolition de la vaste majorité des barrières tarifaires entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

Depuis, la valeur des échanges commerciaux entre les trois pays a triplé pour atteindre plus de 1320 milliards de dollars.

Selon une étude de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les échanges des États-Unis avec ses deux partenaires de l'ALENA ont crû plus rapidement qu'avec l'ensemble des autres pays entre 1993 et 2001, ce qui constitue un des avantages de l'ALENA.

Il faut cependant souligner que les États-Unis ont une balance commerciale déficitaire avec le Canada et le Mexique, c'est-à-dire que les deux pays exportent davantage de marchandises dans ce vaste marché de plus de 300 millions de consommateurs que l'inverse.

Selon un rapport du bureau du budget du Congrès publié en 2003, l'ALENA a fait croître le produit intérieur brut américain, mais de façon infime, « probablement pas plus que quelques milliards de dollars ou quelques centièmes de point de pourcentage par année. »

Et les emplois?

Selon la Fondation Carnegie pour la paix internationale, au moins 500 000 travailleurs américains ont perdu leur gagne-pain à cause de l'ALENA de 1994 à 2002. Il s'agit du nombre de personnes qui ont bénéficié d'un programme d'aide financière du gouvernement américain spécialement destiné aux « victimes » de cet accord de libre-échange.

La moitié des postes ont été délocalisés vers le Mexique, où les coûts de main-d'oeuvre sont moins élevés, note le rapport publié en 2006. Certains secteurs, comme le vêtement, l'électronique et l'automobile ont été plus durement touchés.

Par la suite, de nombreux travailleurs laissés de côté ont eu de la difficulté à se retrouver du travail, ou en ont même été incapables.

Mais en parallèle, l'ALENA a aussi généré de nouveaux emplois. Toujours selon la Fondation Carnegie pour la paix internationale, l'impact de l'entente a été nul dans le pire de cas, ou s'est traduit par l'ajout de 270 000 emplois, selon les scénarios les plus optimistes.

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