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L'alliance entre Marine Le Pen et un ancien rival critiquée par les deux camps

À huit jours du second tour de la présidentielle, le ralliement du candidat défait Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen, qui le nommera premier ministre si elle est élue, provoque de vives réactions en France.

Le chef du petit parti souverainiste Debout la France a donné vendredi son appui à la présidente du Front national (FN) Marine Le Pen, qui a annoncé le lendemain vouloir le nommer premier ministre en cas de victoire.

Le grand rival de la candidate nationaliste, le centriste Emmanuel Macron, a dénoncé cette alliance.

« Ce à quoi on a assisté hier me semble être une combine d'appareil, qui a vocation à régler les problèmes de crédibilité de Mme Le Pen, qui [...] n'a pas d'équipe autour d'elle, et les problèmes de financement de M. Dupont-Aignan », a-t-il déclaré lors d’une visite d’une exploitation agricole dans le centre de la France.

Nicolas Dupont-Aignan est arrivé sixième, avec 4,7 % des voix, au premier tour de la présidentielle le 23 avril. Il a passé plusieurs années au sein de grands partis de droite avant de fonder Debout la République en 2007, renommé Debout la France.

Il a précisé vendredi que l’accord scellé avec Marine Le Pen ne comportait pas la prise en charge de ses frais de campagne présidentielle.

Une trahison

Les responsables politiques de la droite et du centre, dont l’ancien premier ministre Alain Juppé, qui appelle à voter pour Emmanuel Macron, considèrent cette alliance comme une trahison.

« Nicolas Dupont-Aignan a prétendu porter, pendant la campagne présidentielle, au nom des idées gaullistes, une candidature alternative à celle de François Fillon, contribuant ainsi à écarter notre candidat et notre famille politique du second tour. Aujourd'hui, avec son ralliement à Mme Le Pen, les masques tombent », a indiqué le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, dans un communiqué.

Le président français François Hollande a présenté le second tour comme « un choix » pour ou contre l’Europe, lors de son dernier sommet à Bruxelles au sujet du Brexit. Il a encore mis en garde les Français contre « la régression » qu'entraînerait selon lui une victoire de Marine Le Pen. Il reproche au Front national de « masquer son projet de sortir » de la zone euro et de l’Union européenne.

Le second tour, qui oppose Emmanuel Macron et Marine Le Pen, aura lieu le 7 mai.

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