Les Cubains désireux d'apprendre le français sont nombreux à fréquenter l'Alliance française. C'est d'ailleurs leur attrait pour cette langue et sa culture, mais surtout l'intervention de Che Guevara, qui a permis à l'institution de survivre à la Révolution en 1959.

Un texte de Jean-Michel Leprince

Plus de 4000 Cubains apprennent le français à l’Alliance. Un record, alors que Cuba reçoit le nombre le plus élevé d’étudiants en proportion de sa population.

Beaucoup d’entre eux étudient la langue de Molière dans ce qui était auparavant le palais du deuxième président de la République de Cuba, José Miguel Gomez, surnommé « Le requin » (El tiburon).

En 1959, le palais a échappé à la démolition. La Révolution a mis un terme au projet d’en faire un stationnement. Puis, l'historien de la Ville de La Havane, Eusebio Leal Spengler, l’a minutieusement restauré.

Le gouvernement cubain en a fait cadeau à l’Alliance française, qui avait déjà deux succursales à La Havane et une autre à Santiago. Le président François Hollande en a même fait l’inauguration en 2015.

Pourquoi ce cadeau? Che Guevara s’est opposé à la nationalisation de l’Alliance à la Révolution. Il aimait l’Alliance, où il avait appris le français dans son pays natal, l’Argentine.

Écouter le français de Che Guevara en entrevue à la télévision suisse :

Ancré dans l’histoire

« Pendant la lutte de la guérilla cubaine dans la Sierra Maestra, le Che avait avec lui ses livres de français de l’Alliance française et il pratiquait », raconte le président du Conseil de l’Alliance française de Cuba, Ricardo Torres Cuevas. « Dans son journal, [le Che] parle même de la qualité des livres de l’Alliance. »

Et il n’est pas le seul à s'intéresser au français, explique Ricardo Torres Cuevas. Raul Castro, le président actuel de Cuba, a appris le français avec le Che, puis en utilisant les livres de l’Alliance française.

Selon Ricardo Torres Cuevas, Raul Castro peut encore aujourd'hui s'exprimer en français, mais « ne le pratique pas beaucoup, faute de possibilités », répond Ricardo Torres Cuevas.

M. Torres Cuevas, qui dirige aussi la Bibliothèque nationale José Marti, avoue lui-même être réticent à parler français en public. Même si, comme beaucoup de Cubains, il est un amoureux de la langue et de la culture française.

L’Alliance est gérée conjointement par le gouvernement cubain et l’ambassade de France, en vertu d’un « Pacte de gentilshommes » (Pacto de Caballeros) issu de la Révolution.

L’Alliance française offre aussi des sessions de chansons et d'histoires à 3000 enfants cubains, ainsi que des semaines culturelles, comme celle de la francophonie ou du cinéma francophone, très populaires dans ce pays communiste.

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