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L'anglais rudimentaire d'un instructeur de saut à l'élastique pourrait lui valoir des accusations criminelles

Un instructeur de saut à l'élastique à l'emploi d'une entreprise espagnole pourrait faire face à des accusations criminelles en raison de son faible niveau d'anglais. En 2015, une adolescente est décédée après avoir mépris « no jump » pour « now jump ».

Les faits se déroulent à l'été 2015.

Vera Mol, une adolescente de 17 ans originaire des Pays-Bas, était en voyage étudiant dans la côte nord de l'Espagne lorsqu'elle a participé à une activité de saut à l'élastique.

Elle était la dernière des 13 jeunes à sauter du pont d'une hauteur de 130 pieds.

L'instructeur lui aurait alors indiqué, en anglais : « Pas de saut, c'est important, pas de saut » (No jump, it's important, no jump), mais l'adolescente aurait plutôt compris « Saute maintenant » (Now jump).

Elle s'est donc lancée dans le vide, ignorant que son harnais n'avait pas encore été correctement fixé au pont. La victime est morte sur le coup.

L'instructeur de l'agence Aqua21 Aventura, qui avait organisé le saut à l'élastique en août 2015, pourrait faire face à des accusations criminelles, y compris des homicides accidentels, si les procureurs décident d'aller de l'avant dans cette affaire.

C'est ce qu'a tranché un tribunal d'appel de Cantabrie, dans le nord de l'Espagne, dans sa décision du 7 juin qui vient d'être rendue publique.

La compagnie avait logé un appel l'année dernière, arguant que l'adolescente avait sauté prématurément et que son décès était un accident.

Un pont « extrêmement risqué »

La cour d'appel a déclaré que l'instructeur, qui n'a pas été identifié publiquement, s'était exprimé dans un piètre niveau d'anglais, et que la mort de Vera Mol était en partie due à ses lacunes linguistiques.

L'instructeur aurait dû dire : « Ne saute pas » (Don't jump), estime la cour.

Le tribunal juge donc que le malentendu est le résultat de « l'utilisation incorrecte et de la prononciation de l'anglais » de l'instructeur, et souligne que ce dernier avait reconnu qu'il ne parlait qu'un anglais de base.

La cour reproche également à Aqua21 Aventura de pas avoir vérifié si l'adolescente était mineure et, par conséquent, de ne pas avoir obtenu le consentement nécessaire de ses parents.

De plus, l'entreprise ne détenait pas de permis pour permettre le saut à l'élastique à cet endroit, et n'y avait pas établi les mesures de sécurité requises, a constaté le tribunal.

La cour déplore notamment que le groupe d'adolescents avait dû attendre « au bord de l'abîme » pour sauter.

Les autorités locales du village de Cabezón de la Sal, situé près du pont en question, avaient par ailleurs déclaré en 2015 au journal El País que le pont était « extrêmement risqué » et qu'elles n'avaient pas été mises au courant que l'agence Aqua21 Aventura y organisait du saut à l'élastique.

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