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L'Arabie saoudite et ses alliés somment le Qatar de se soumettre à leurs exigences

Les quatre pays arabes qui ont rompu leurs liens avec le Qatar il y a trois semaines somment la petite monarchie pétrolière de se conformer à une liste de 13 demandes afin de mettre un terme à la pire crise politique à secouer la péninsule arabique depuis des décennies.

L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte et Bahreïn exigent notamment que le Qatar ferme la chaîne Al-Jazira, rompe l’essentiel de ses liens économiques avec l’Iran et cesse de financer des organisations considérées comme terroristes.

Ils exigent en outre que Doha mette un terme à la présence militaire turque sur son sol, cesse de s’ingérer dans leurs affaires internes, verse des compensations pour les effets qu’ont pu avoir ses politiques, et se soumette à un mécanisme de suivi au cours des deux prochaines années.

De manière plus générale, les quatre pays exigent que le Qatar cesse la politique plutôt indépendante qu’elle mène depuis 20 ans dans la région pour s’aligner avec ses voisins sur le plan « militaire, politique, social et économique ».

La liste d'exigences, remise au Qatar par le Koweït, qui agit comme médiateur, est assortie d’un ultimatum : Doha est sommée de se conformer à l’ensemble des demandes d’ici 10 jours, sans quoi la proposition sera retirée.

Depuis que les quatre pays ont rompu tous les liens diplomatiques et économiques qu’ils entretenaient avec lui, le 5 juin, le Qatar, qui n’a qu’une frontière terrestre avec l’Arabie saoudite, se retrouve de facto dans une situation de blocus.

L’affaire est particulièrement délicate dans la mesure où tous les pays en cause dans ce conflit sont des alliés des États-Unis. Le Qatar accueille notamment l’importante base militaire américaine d’Al-Oudeid, qui comprend des milliers de soldats.

L’Arabie saoudite et le Qatar n’ont pas commenté le dossier publiquement, mais le ministre émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash, a lancé une série d’avertissements destinés à la famille royale qatarie dans des tweets.

« Il est plus sage que [le Qatar] prenne au sérieux les demandes et les préoccupations de ses voisins. Autrement, le divorce sera effectif », a-t-il prévenu. Doha n’a plus que deux choix, a-t-il ajouté : « choisir son environnement, sa stabilité et sa prospérité, ou alors le mirage, le double langage et l’isolement. »

Le Qatar nie fermement financer des organisations considérées comme terroristes par ses voisins, comme les Frères musulmans, le groupe armé État islamique, Al-Qaïda et le Hezbollah libanais.

Il admet cependant abriter des membres de certains groupes extrémistes, dont le Hamas, proche des Frères musulmans, en arguant qu’il importe d’établir des relations avec eux afin de résoudre des conflits régionaux. Le Qatar entretient bel et bien divers liens avec l’Iran chiite, ennemi juré de l’Arabie saoudite sunnite dans la région. Les deux pays exploitent notamment de concert un gigantesque gisement gazier.

Les quatre pays arabes exigent également que le Qatar cesse d’abriter des Gardiens de la révolution iranienne sur son sol. La présence de soldats d’élite de la République islamique sur le sol qatari est toutefois incertaine, personne ne l’ayant jamais reconnue.

La présence d’un petit nombre de soldats turcs est quant à elle avérée, mais Ankara, autre allié des États-Unis qui s’est rangé derrière le Qatar dans ce conflit, a déjà fait savoir qu’il n’était pas question de remettre cela en cause.

Plus tôt cette semaine, le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed Ben Abdulrahman Ben Jassim Al-Thani, a déclaré que Doha ne négocierait rien tant que les sanctions qui lui ont été imposées seront en vigueur.

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