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L'Arizona pourrait rompre avec sa tradition républicaine à cause de Trump

Les plaines arides de l'Arizona n'ont jamais été un terreau très fertile pour les démocrates. Cet État du sud-ouest américain a toujours voté pour le candidat présidentiel républicain depuis 1952 à l'exception de 1996, quand Bill Clinton a été réélu.

Christian Latreille

  Un texte de Christian Latreille

Mais, cette année, l'État du Grand Canyon pourrait virer au bleu. Le dernier sondage indique qu'Hillary Clinton mène par deux points contre Donald Trump.

La colère gronde, ici, contre Donald Trump. À un point tel que dans un éditorial-choc, The Arizona Republic, le plus important quotidien de l'État, a refusé d'appuyer un candidat républicain pour la première fois depuis sa fondation... en 1890.

Selon Phil Boas, l'éditorialiste en chef de The Arizona Republic, Donald Trump a les pires défauts qu'un être humain peut avoir.

Pour l'éditorialiste en chef, Trump est un mégalomane à qui il ne faut surtout pas laisser les puissants leviers de la présidence des États-Unis.

Selon M. Boas, le candidat républicain est un homme dangereux qui incite à la violence politique. « Trump n'a aucun respect pour nos grandes institutions. Si nos plus importants leaders ne respectent pas ces institutions, qui va les respecter? La façon dont il mène sa campagne c'est l'équivalent de barbouiller la Maison-Blanche de graffitis. »

La décision de la direction du quotidien de ne pas appuyer Donald Trump est le résultat d'une longue réflexion qui a duré près d'un an. « Nous avons rédigé plusieurs éditoriaux pour dénoncer ses prises de position, son langage et son comportement. Nos lecteurs les plus fidèles n'ont pas dû être vraiment surpris lorsque nous avons décidé de rejeter sa candidature. »

Plusieurs abonnés n'ont toutefois pas digéré cette prise de position contre le candidat du Grand Old Party. Leur réaction a parfois été très agressive. « Nous avons reçu des appels, des courriels, des lettres de lecteurs en colère. Nous avons quand même brisé une tradition vieille de plus de 125 ans. [Mais] nous avions le devoir de tenter de bloquer la route à ce démagogue », estime Phil Boas.

Mais l'éditorial n'a pas fait que des mécontents, loin de là. Des milliers de personnes, de partout au pays, se sont abonnées au Arizona Republic en guise de soutien à la décision d'appuyer Hillary Clinton. « Nous avons été agréablement surpris », souligne Phil Boas.

L'éditorialiste en chef du Arizona Republic est convaincu que des millions de républicains vont regretter, un jour, d'avoir même pensé à appuyer Donald Trump. «  C'est d'ailleurs ce qui m'inquiète le plus. Que ces gens ne semblent pas capables de réaliser que Trump est non seulement un mauvais candidat, mais une mauvaise personne. »

Même s'il rompt avec une longue tradition, Phil Boas est très à l'aise avec sa décision d'appuyer une candidate démocrate. « Hillary a ses problèmes et ses défauts, mais Trump l'a tellement démonisée [...] Hillary Clinton a tout de même passé une bonne partie de sa vie au service des Américains. Elle a beaucoup d'expérience. Et vous savez, je suis à l'aise avec notre décision d'appuyer une démocrate pour la première fois de l'histoire de notre journal parce qu'il n'y a qu'une seule personne capable de battre Trump et c'est Clinton. »

La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale

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