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L’armée irakienne reprend la ville de Hawija à l’EI

Le premier ministre irakien Haider Al-Abadi annonce la reprise de Hawija, dernière ville importante d'Irak qui était encore tenue par le groupe armé État islamique (EI).

Située au sud-est de Mossoul, la capitale économique du nord de l’Irak, la ville de plus de 70 000 habitants était la dernière position occupée par les djihadistes de l’EI dans le nord du pays.

La ville de Hawija est réputée pour son secteur agricole, qui fait d’elle la première source de production de céréales dans la province de Kirkouk. C’est aussi une position stratégique située entre les deux principaux axes routiers qui relient Bagdad au nord-ouest du pays, à Mossoul, et au nord-est, à Kirkouk et Erbil, capitale du Kurdistan irakien.

Habitée majoritairement par des musulmans sunnites issus de tribus puissantes et influentes, Hawija est un important point de tension avec les communautés chiites et kurdes dans la région.

La ville a été conquise par les combattants du groupe armé État islamique en 2014, dans la foulée de la campagne militaire au cours de laquelle ils ont pris le contrôle du tiers de l’Irak et une partie importante de la Syrie.

Selon le gouvernement irakien, la reconquête de la ville met un terme final à la présence de l’EI dans le nord et l’est de l’Irak. Il aura fallu plus de trois ans aux forces irakiennes, soutenues par une importante coalition internationale dirigée par les États-Unis, pour reprendre le territoire occupé.

Plus que deux fiefs en Irak

Avec la perte de Hawija, le groupe armé État islamique ne tient plus que deux villes en Irak, soit Al-Qaïm et Rawa, dans le désert occidental frontalier de la Syrie.

« Il n'y a plus que la bande frontalière à reconquérir », a confirmé le premier ministre irakien.

Maintenant libérée de l’EI, Hawija attise aujourd’hui la convoitise des Kurdes qui ont combattu et ont consolidé leurs positions dans le nord de l’Irak en vue d’y créer un État indépendant, ce à quoi s’opposent le gouvernement irakien ainsi que les milices chiites qui combattent à ses côtés.

Les revendications territoriales kurdes se consolident depuis le référendum d'indépendance tenu le 25 septembre dernier au Kurdistan irakien, auquel la province de Kirkouk avait participé contre l'avis de Bagdad, qui considère ce vote comme contraire à la Constitution.

Retour sur la reprise des territoires occupés par l’EI en Irak

En juin 2014, le groupe armé État islamique est à l’apogée de son pouvoir en Irak. Après avoir conquis Falloujah en janvier, l’armée de djihadistes sunnites qui jouit du soutien d’ex-officiers de Saddam Hussein et de groupes salafistes prend le contrôle de Mossoul, d’une grande partie de la province de Ninive ainsi que des villes de Kirkouk et de Salaheddine.

Le 29 juin 2014, le chef de l’EI, Abou Bakr Al-Baghdadi, proclame un « califat » sur les territoires conquis d’Irak et de Syrie. C’est la débandade parmi les forces gouvernementales irakiennes sur tous les fronts. Les combattants kurdes livrent pour leur part une lutte acharnée à l’EI dans le nord de l’Irak pour protéger leur population et leurs terres.

Au mois d’août, Washington bombarde des positions de l’EI et annonce la formation d’une coalition internationale en appui aux forces irakiennes à laquelle se joint le Canada.

Le 8 août 2014, les troupes irakiennes amorcent la reconquête du Nord irakien en reprenant la ville de Tikrit. Sindjar est reprise en novembre avec l’aide des forces kurdes.

Le 9 février 2016 , la ville de Ramadi, capitale administrative de la province d’Al-Anbar, est reconquise. Falloujah sera reprise le 26 juin de la même année.

Le 17 octobre 2016, les forces irakiennes et kurdes, appuyées par la coalition internationale, lancent une vaste offensive sur Mossoul, qui sera officiellement reprise à l’EI en juillet 2017.

Le bastion de Tal-Afar sera repris quant à lui le 31 août dernier, signifiant du même coup la reprise totale de la province de Ninive.

Le 19 septembre dernier, une offensive gouvernementale a été lancée dans la province d'Al-Anbar, le long du fleuve Euphrate, pour y déloger les dernières positions de l’EI. Hawija étant reprise, le groupe armé État islamique ne tient plus que deux localités en Irak, soit Rawa et Al-Qaïm.

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