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L'armée irakienne s'enfonce dans Mossoul et se heurte à une vive résistance

Les forces d'élite irakiennes ont entrepris d'avancer dans les quartiers est de Mossoul, vendredi, au moment où l'ONU dénonce de nouvelles exactions commises par le groupe armé État islamique, qui contrôle la ville depuis deux ans.

Parties à l'aube de Gogjali, dernier village avant l'entrée est de la ville, les forces du contre-terrorisme (CTS) cherchent à prendre pied plus fermement dans les quartiers orientaux de Mossoul. Leur avancée se heurte toutefois à une féroce résistance des djihadistes.

Dans un communiqué, les CTS affirment avoir réussi à s'emparer de six quartiers - Malayeen, Samah, Khadra, Karkuli, Quds et Karama -, hissant le drapeau irakien au-dessus de quelques immeubles, et infligeant au passage de lourdes pertes aux combattants de l'EI.

Des journalistes d'Associated Press qui accompagnent les forces irakiennes rapportent cependant que cette avancée donne lieu aux combats de rue les plus intenses depuis le début de l'offensive, il y a un peu plus de deux semaines.

Répliquant à coups de mortiers et de roquettes, les djihadistes ont réussi à mettre hors de combat un char de fabrication américaine Abrams. Le blindé a été atteint à bout portant, mais les soldats qui se trouvaient à l'intérieur n'ont apparemment pas été blessés.

En progressant vers Mossoul, les forces irakiennes croisent des hommes et des femmes qui ont réussi à fuir les combats et qui témoignent de la brutalité de la vie sous le joug des djihadistes.

« Nous revenons du monde des morts », résume Raed Ali, 40 ans, qui a fui sa maison de Bazway, village voisin de Mossoul.

État islamique, le règne de la terreur

L'EI fait diversion au sud de Mossoul

Comme ils l'ont fait à plus d'une reprise depuis le début de l'offensive, les combattants de l'EI ont de nouveau fait diversion en attaquant le village de Charqat, à environ 90 km au sud de Mossoul.

Arrivés de la rive est du Tigre, les militants ont notamment attaqué une mosquée et ont tué sept membres des forces irakiennes ou des milices chiites des Forces de mobilisation populaire.

Ces milices ont été chargées de reprendre Tal-Afar, à l'ouest de Mossoul, dans le cadre d'une offensive visant à couper la route vers la capitale syrienne de l'EI, et à compléter l'encerclement de Mossoul. 

Selon le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU, les djihadistes de l'État islamique ont exécuté plusieurs centaines de personnes aux alentours de Mossoul, dont 50 des leurs pour désertion et 180 anciens fonctionnaires.

Une porte-parole de l'agence onusienne, Ravina Shamdasani, soutient par ailleurs que les résidents de Hamman al-Alil, à quelques dizaines de kilomètres au sud de Mossoul, paient un lourd tribut à l'EI.

Selon elle, 1600 résidents de la municipalité ont été transférés vers Tal-Afar, à l'ouest de Mossoul, pour être possiblement utilisés comme boucliers humains contre des frappes aériennes. Tous les enfants de plus de neuf ans ont dû être remis à l'EI, qui pourrait en faire des enfants soldats.

L'ONU dispose en outre d'informations selon lesquelles des civils ont été tués dans des raids aériens, dont l'un aurait notamment coûté la vie à quatre femmes et fait 17 blessés, mercredi, à Koudous, un quartier de l'est de Mossoul.

Dans un rare enregistrement audio diffusé jeudi, et qui mettait fin à un an de silence, le chef de l'EI, Abou Bakr Al-Baghdadi, a exhorté ses troupes à lutter jusqu'au martyr pour la défense de Mossoul, capitale de leur « califat ».

« Tenir ses positions dans l'honneur est mille fois plus aisé que de se replier dans la honte », a-t-il lancé à ses combattants, qui seraient au moins 3000 selon des estimations.

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