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L'armée russe amorce son retrait partiel de Syrie

Un premier groupe de bombardiers Soukhoï-34 et d'avions de transport Tupolev-154 transportant des militaires et des équipements a quitté mardi la base aérienne de Hmeymim en Syrie pour la Russie, confirmant le retrait partiel des troupes russes annoncé lundi par le président Vladimir Poutine.

« Le personnel charge les équipements, les éléments de logistique et les stocks sur des avions cargos », précise le ministère russe de la Défense dans un communiqué. « Les appareils de la base de Hmeymim vont revenir à leur base sur le territoire russe et seront accompagnés par des appareils militaires de transport. »

En Russie, la chaîne de télévision Rossiya 24 a diffusé des images montrant des militaires affectés sur cette base chargeant des équipements dans des avions de transport Iliouchine-76. Chaque groupe aérien qui retournera en Russie sera dirigé par un de ces appareils ou par un Tupolev-154, a précisé le ministère.

La force de frappe déployée par Moscou sur sa base aérienne était constituée d'une cinquantaine d'avions, dont différents modèles de Soukhoï, et d'hélicoptères d'attaque Mi-8 et Mi-24.

Malgré ce retrait des troupes déployées l'automne dernier, la Russie conservera en Syrie des forces navales à sa base de Tartous et des forces aériennes à sa base de Hmeymim, situées toutes deux dans la province de Lattaquié.

Le vice-ministre russe de la Défense, le général Nikolaï Pankov, a d'ailleurs prévenu mardi que « l'aviation russe a pour mission de poursuivre ses frappes contre des objectifs terroristes » en Syrie. Selon lui, il est « trop tôt pour parler de victoires sur les terroristes ».

Le Kremlin a d'ailleurs indiqué lundi qu'il conserve « un site de logistique aérienne » en Syrie afin de « permettre la surveillance de la trêve dans les combats » et qu'il maintient aussi ses systèmes de défense antiaérienne « les plus modernes », a priori les S-400.

Syrie : l'engrenage de la guerre

Le Front Al-Nosra annonce une offensive

Sur le terrain, les djihadistes du Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, annoncent vouloir profiter de ce retrait partiel des troupes russes. « Il est clair que la Russie a subi une défaite, et dans les prochaines 48 heures, le Front Al-Nosra va lancer une offensive en Syrie », a déclaré un commandant de ce groupe à l'AFP.

« Nous ne sommes pas engagés » par la trêve entrée en vigueur le 27 février à l'initiative de la Russie et des États-Unis, a ajouté ce commandant, qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.

Selon lui, les Russes se retirent de Syrie car le régime du président Bachar Al-Assad est « incapable de garder les territoires conquis » grâce à leur soutien. Les frappes russes ont permis à Damas de récupérer des secteurs dans la province de Lattaquié, dans l'ouest du pays, et une grande partie de la province d'Alep, dans le nord.

Depuis la trêve, la violence constatée en Syrie a connu une « baisse significative », ont confirmé mardi des enquêteurs de l'ONU. « Maintenant, pour la première fois, il y a l'espoir d'une fin en vue », a déclaré à Genève le président de la Commission d'enquête de l'ONU pour la Syrie, Paulo Pinheiro.

Selon lui, cette situation peut créer les conditions nécessaires à la réussite des pourparlers de paix qui ont repris lundi à Genève. Ces discussions n'incluent cependant ni le Front Al-Nosra ni le groupe armé État islamique, qui contrôlent ensemble plus de 50 % du territoire syrien, ni les Kurdes, qui contrôlent une partie du nord du pays.

L'interlocuteur du régime dans le cadre des négociations est le Haut Comité de négociations (HCN), un regroupement de combattants sunnites soutenu par la Turquie et l'Arabie saoudite.

Le porte-parole du HCN, Salim Al-Muslat, a estimé mardi que le retrait partiel des troupes russes pourrait ouvrir la voie à la fin de la « dictature » du président Assad et de ses « crimes ».

Le HCN doit rencontrer l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, mardi, à Genève. Ce dernier a discuté lundi avec la délégation du régime, dirigée par Bachar al-Jaafari.

Le sort du président Assad est sans contredit le plus important obstacle que devra surmonter M. de Mistura. Le HCN plaide que son départ est une condition sine qua non à toute entente, alors que le régime clame haut et fort que cela n'est pas à discuter.

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