Retour

L'arrivée d'Irma force l'évacuation de plus de 650 000 personnes en Floride

La Floride est dans la mire de l'ouragan Irma, qui pourrait frapper cet État dans la nuit de samedi à dimanche avec des vents de près de 300 km/h. Jeudi, le maire du comté de Miami-Dade a ordonné l'évacuation de 650 000 personnes.

L'ordre d'évacuation du maire Carlos Gimenez englobe maintenant trois des cinq zones critiques de ce comté du sud de la Floride.

Environ 2,7 millions de personnes peuplent Miami-Dade, traversé par l'autoroute fédérale US1 et bordé par l'océan Atlantique. L'ensemble de la Floride compte 19 millions d'habitants.

Les autorités floridiennes prennent au sérieux la menace que fait peser Irma, un ouragan de force 5 qui, jusqu'ici, ravage les îles des Caraïbes les unes après les autres.

Le gouverneur de l'État, Rick Scott, a expliqué en conférence de presse que l'ouragan pouvait frapper l'une ou l'autre des côtes de la Floride.

« Assurez-vous d'avoir un plan », a-t-il intimé à la population.

« Je ne peux insister davantage là-dessus : n'ignorez pas les ordres d'évacuation », a poursuivi le gouverneur, expliquant qu'on peut reconstruire une maison, « mais pas une famille ».

Un ouragan capable d'engloutir des maisons, selon Rick Scott

M. Scott a prévenu qu'Irma est « plus rapide, plus fort et plus puissant » qu'Andrew, le dernier ouragan de catégorie 5 à avoir balayé l'État.

Sur les ondes du réseau CNN, le gouverneur a évoqué un ouragan « nucléaire ». Et si Andrew avait apporté quantité de pluie, Irma, elle, charrie des masses d'eau qui peuvent « engloutir une maison », a-t-il dit.

Irma trouve sur son passage des eaux parmi celles qui sont les plus chaudes du monde, avec des températures d'environ 32 degrés Celsius. De plus, l'ouragan fait son chemin sans les obstacles que représentent de grandes masses terrestres. Il est donc peu probable qu'il s’affaiblisse à l’approche de la Floride, selon le Centre national des ouragans. Marée de tempête dévastatrice, vents destructeurs et crues subites sont à craindre.

À la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump a exprimé sa « vive inquiétude ».

Des zones côtières forcées d'évacuer

Les titres à la une du site Internet du Miami Herald sont révélateurs de la situation qui précède l'arrivée d'Irma: « Quelle est la trajectoire d'Irma? », « Où peut-on se procurer essence et eau potable? », ou encore « Quelles sont les zones d'évacuation? »

Le quotidien propose aussi un « guide de survie ».

Dans le comté de Broward, où sont situés Hollywood et Fort Lauderdale, un ordre d'évacuation obligatoire frappe les zones situées entre l'autoroute fédérale US1 et les îles-barrières. Dans l'ensemble de ce comté, tous les occupants de maisons mobiles sont forcés d'évacuer.

Environ 25 000 personnes ont évacué la région des Keys, après que les touristes eurent été renvoyés chez eux. Un bouchon monstre s'est formé sur la seule autoroute qui relie l'archipel au continent. Jeudi, le gouverneur Scott a ordonné à tous ceux qui étaient encore dans les Keys de partir immédiatement.

Un exode difficile

Les évacués peuvent se réfugier dans des abris installés dans les terres intérieures de la Floride. Mais nombreux sont ceux qui prennent la route vers le nord, explique Denise Dumont, rédactrice en chef du Soleil de la Floride. « Le problème est que les hôtels sont pleins et les stations d'essence sont à sec », dit-elle.

Et monter en direction nord n'est pas sans péril, du fait que la Caroline du Sud et la Georgie sont, elles aussi, en état d'urgence, bien qu'aucune évacuation n'y ait été ordonnée. Le Centre national des ouragans des États-Unis, à Miami, prévient qu'Irma pourrait atteindre la Georgie et les Carolines, après avoir fouetté la péninsule floridienne.

Denise Dumont a elle-même tenté de trouver un vol qui l'emmènerait hors des États menacés. « Tout est complet pour aller n'importe où », dit-elle. Seule possibilité : un départ dimanche matin à partir de Tampa Bay. Mais dimanche, l'ouragan se sera peut-être déjà abattu sur la Floride.

De l'eau et de l'essence à des prix exorbitants

Les Floridiens placardent leurs maisons, écument les supermarchés et font le plein d'essence. Mais certains commerçants tentent de tirer profit de cette situation et la procureure générale de la Floride, Pam Bondi, dit avoir reçu plus de 1500 plaintes concernant des prix exorbitants, surtout pour l'eau, la nourriture et l'essence.

Le gouverneur de la Floride appelle les stations-service à demeurer ouvertes le plus longtemps possible. Des pétroliers approvisionnent actuellement la Floride et 4,5 millions de litres d'essence seront acheminés aux stations-service sous escorte policière, a précisé Rick Scott. Les employés des stations-service bénéficieront aussi de protection policière.

Quelque 30 000 militaires veillent à la bonne marche des opérations. Les autorités réclament l'aide de bénévoles, car il en faut environ 17 000 pour venir en aide à la population.

La Floride : magnifique, mais vulnérable

Avec plus de 2000 km de côtes, la Floride compte environ 2,5 millions de maisons en zones à risque, soit trois fois plus que n'importe quel autre État américain, selon l'agence fédérale de gestion de l'urgence (FEMA). Dans 38 comtés sis en zones côtières, la FEMA évalue que seules 42 % des maisons sont assurées contre les inondations.

Il y a 25 ans, c'était l'ouragan Andrew qui avait frappé tout juste au sud de Miami, avec des vents de 265 km/h. Le bilan avait été de 65 morts et les dommages s'étaient élevés à 26 milliards de dollars américains. Il s'agissait alors de la plus dispendieuse catastrophe naturelle de l'histoire des États-Unis.

Avec les informations de Christian Latreille

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine