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L'assaut est lancé contre le dernier réduit de l'EI à Mossoul

Les forces de sécurité irakiennes ont lancé l'assaut contre le dernier réduit du groupe armé État islamique (EI) dans la vieille ville de Mossoul, vendredi, au lendemain de la proclamation de la fin du « califat » après la reprise de la grande mosquée Al-Nouri, symbole du pouvoir du groupe djihadiste.

Des dizaines de civils, en majorité des femmes et des enfants, ont réussi à fuir vendredi l'enclave de moins d'un km2 encore contrôlée par l'EI. Certains ont été blessés dans leur fuite par les tirs des djihadistes.

L'assaut s'annonce difficile pour les forces de sécurité irakiennes, les derniers combattants de l'EI étant, semble-t-il, majoritairement étrangers et déterminés à se battre jusqu'à la mort.

Les djihadistes sont en outre dissimulés au milieu des civils, qu'ils utilisent comme boucliers humains, ont déclaré à Reuters plusieurs commandants du Service de contre-terrorisme (CTS), l'unité d'élite du ministère de l'Intérieur.

Pour le général Maan Al-Saadi, du CTS, la reconquête du dernier réduit de l'EI pourrait prendre quatre à cinq jours. Le nombre de djihadistes y est estimé à environ 200.

Selon les civils qui ont réussi à fuir, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont encore prises au piège dans un territoire qui ne fait que quelques centaines de mètres de large, adossé au fleuve Tigre.

Des colonnes de fumée noire s'élevaient vendredi au-dessus du secteur, pilonné par l'artillerie irakienne dont les tirs sont ajustés par des drones et des avions de la coalition sous commandement américain, selon le général Saadi.

Bagdad pressé d'en finir

Après neuf mois de combats pour reprendre Mossoul, la deuxième ville du pays avant le conflit, le gouvernement de Bagdad est pressé d'en finir avec cette opération qui a déjà fait des milliers de victimes civiles et quelque 900 000 déplacés.

Malgré les difficultés à venir, l'issue de la bataille ne fait guère de doute et le premier ministre irakien, Haïdar Al-Abadi, n'a pas attendu qu'elle se termine pour déclarer la fin de « l'État mythique » proclamé il y a trois ans par Abou Bakr Al-Baghdadi dans la mosquée Al-Nouri.

Les souffrances endurées par des milliers de civils pendant la bataille tempèrent cependant les sentiments des habitants.

À Genève, le Conseil des droits de l'homme a exhorté les autorités irakiennes à intervenir pour mettre un terme aux expulsions forcées d'habitants soupçonnés d'avoir des liens avec l'EI.

Des centaines de familles ont reçu des lettres de menaces assorties d'un ultimatum pour qu'elles partent, ce qui s'apparente selon Rupert Colville, porte-parole de l'ONU pour les droits de l'homme, à des « actes de vengeance ».

Ces lettres ont été distribuées à Mossoul, mais également à Chirkat, au nord de Bagdad, à Hit, à l'est de la capitale, ou à Kayyara, au sud de Mossoul.

Abou Bakr Al-Baghdadi a été déclaré mort par la Russie et par un responsable iranien, bien que cette information n'ait pas été pour le moment confirmée par le groupe djihadiste ni de source indépendante.

De sources militaires irakiennes et américaines, on pense toujours que le chef de l'EI se cache dans la région désertique aux confins de l'Irak et de la Syrie.

C'est dans cette région grande comme la Belgique, plus précisément dans la ville syrienne de Mayadine, que selon le renseignement américain, l'EI a déplacé ce qui lui reste de structures de commandement après le siège de Mossoul et, plus récemment, celui de Raqqa, sa « capitale » en Syrie.

L'EI lance une contre-offensive à Raqqa

Encerclés à Raqqa, leur dernier bastion urbain en Syrie, par les miliciens arabo-kurdes des FDS, les djihadistes de l'EI ont lancé jeudi soir une contre-offensive dans l'est de la ville.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) rapporte vendredi que l'opération a permis au groupe extrémiste sunnite de reprendre le secteur industriel de la ville de l'est de la Syrie, ce que démentent les Forces démocratiques syriennes.

Les miliciens, soutenus par les États-Unis, reconnaissent en revanche que des combats intenses ont lieu dans les quartiers d'Al-Raoudha, Al-Nahdha et Al-Daraiyah, tous situés dans l'est de Raqqa, là où se trouve la zone industrielle. Ils disent avoir repoussé la contre-attaque de l'EI.

Jeudi, l'OSDH a annoncé que les FDS avaient parachevé l'encerclement de Raqqa. Mais la ville, dont tous les ponts ont été détruits, est de fait isolée depuis mai dernier.

Nasser Hadj Mansour, un responsable des FDS, a déclaré jeudi à Reuters qu'il faudrait peut-être un mois ou un mois et demi aux miliciens pour reprendre la ville.

De précédentes estimations lancées par les FDS se sont révélées excessivement optimistes.

Après Raqqa, l'EI contrôle toujours la vallée de l'Euphrate sur environ 200 km, jusqu'à la frontière irakienne, hormis la poche de Deir Ezzor tenue par l'armée loyaliste.

Dans le nord de la Syrie, les derniers combattants de l'EI encore présents dans la province d'Alep se sont retirés, après la reconquête par les forces gouvernementales et leurs alliées de la route Ithriya-Rasafa et des positions de l'EI situées à l'est de Khanaser, rapporte l'OSDH.

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