Retour

« L'avenir de Cuba repose entre les mains de son peuple », plaide Obama

Le président américain Barack Obama a appelé les Cubains à prendre leur avenir en main, lors d'un discours, mardi, centré sur la démocratie et le changement, au Grand Théâtre de La Havane et retransmis en direct à la télévision d'État.

Au dernier jour de sa visite historique, Barack Obama a remercié le peuple cubain de son accueil chaleureux. Il a d'ailleurs été accueilli par un tonnerre d'applaudissements.

Dans la foulée des attentats de Bruxelles, le président américain a d'abord condamné les attaques « révoltantes ». « Nous devons nous unir, peu importe notre nationalité, pour combattre le terrorisme », a-t-il affirmé, avant de reprendre son discours.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, le président américain a dressé la liste de ce qui rassemble les deux peuples, mais aussi de ce qui les oppose au chapitre de la démocratie et des droits de la personne. « Nous ne pouvons ignorer nos réels différends, mais il faut aussi reconnaître ce que nous partageons », a-t-il déclaré, comparant Cuba et les États-Unis à des frères.

Aucun de ces différends n'empêche cependant le rapprochement et la normalisation des relations entre les deux pays, mais surtout entre deux peuples, a assuré Obama.

Les quelque 1300 Cubains présents dans la salle du Grand Théâtre ont vivement réagi lorsqu'Obama a rappelé avoir demandé à plusieurs reprises au Congrès américain de lever l'embargo, « ce qui était nécessaire pour la suite des choses », affirmait encore hier le président cubain Raul Castro.

« Ce qu'ont fait les États-Unis ne fonctionnait pas. Il faut avoir le courage de le dire. La politique désignée à l'époque de la guerre froide ne cadre pas non plus à la réalité d'aujourd'hui », a reconnu Barack Obama, alors que l'embargo étouffe l'économie cubaine depuis 1962.

Il n'empêche que la levée de l'embargo doit s'accompagner de réels changements que seuls les Cubains peuvent eux-mêmes apporter, a ajouté le président américain, faisant notamment allusion à la liberté d'expression.

Les États-Unis croient en la démocratie pour Cuba

Barack Obama a plaidé pour un meilleur accès à Internet pour les Cubains, qui pourront ainsi être exposés à différents points de vue et s'ouvrir sur le monde.

Selon lui, les Cubains doivent aussi pouvoir s'exprimer sans craindre la répression, critiquer le gouvernement sans avoir peur des conséquences. Il a même dit croire en la percée de la démocratie à Cuba.

« Les électeurs devraient pouvoir choisir leur gouvernement dans des élections libres et démocratiques », a-t-il précisé, sous une nouvelle salve d'applaudissements.

« Ce sont des questions sensibles », a-t-il cependant reconnu, assurant que les États-Unis n'ont pas l'intention d'imposer ces changements à Cuba. « Les Cubains de la nouvelle génération devront mener ces démarches par eux-mêmes », a répété Obama, qui s'est dit conscient que tous ne seraient pas d'accord avec lui.

Le gouvernement cubain assistait à son discours. Le président Raul Castro semblait malgré tout satisfait des paroles prononcées par son homologue américain, qui a lui-même assuré pendant son allocution que Cuba ne devait pas craindre sa présence, ni même l'impact de ses paroles sur le peuple cubain.

Barack Obama s'est ensuite entretenu avec une dizaine de dissidents du régime cubain à l'ambassade américaine, dont Berta Soler, qui dirige le groupe des Dames en blanc, un mouvement d'opposantes. Elle avait été interpellée brièvement en fin de semaine, quelques heures avant l'arrivée du président américain.

Ce dernier a d'ailleurs relevé que certains de ces dissidents avaient été emprisonnés et a rendu hommage à leur courage. La rencontre était l'une des conditions pour sa venue à Cuba, la première visite d'un président américain en 88 ans.

Le président américain Barack Obama ne prévoit cependant pas rencontrer Fidel Castro, qu'il a cependant évoqué pendant son discours. Barack Obama a rappelé que Castro avait lui-même souligné les faiblesses des États-Unis, notamment en ce qui a trait au racisme et à la peine de mort.

« Mais le long chemin parcouru par les États-Unis et les changements qui ont été apportés depuis ont été rendus possibles grâce aux débats et à la démocratie », a rappelé Obama.

Avant son départ vers l'Argentine, le président américain a notamment assisté à un match de baseball très attendu entre les Tampa Bay Rays de Floride et l'équipe nationale de Cuba. Sous le regard attentif d'Obama et Castro, les Rays de Tampa Bay ont infligé un revers de 4-1 aux Cubains.

Plus d'articles

Commentaires