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L'avenir de la cathédrale Saint-Isaac soulève les passions en Russie

Le gouverneur régional de Saint-Pétersbourg a remis la cathédrale Saint-Isaac, une des principales attractions de la capitale impériale russe, à l'Église orthodoxe, au plus grand plaisir des fidèles et de nombreux partisans de Vladimir Poutine, mais non sans inquiéter l'opposition.

Un texte de Raymond Saint-Pierre

Depuis janvier, le débat s’est intensifié entre l’Église, qui se réjouit de cette décision, et les opposants qui tentent de bloquer ce transfert. Après tout, Saint-Isaac est d’abord et avant tout un musée.

L’édifice, qui déborde d’œuvres d’art, est d’une beauté exceptionnelle et attire, non sans raison, 4 millions de touristes par année.

De la messe à la manifestation

C’était jour de grand-messe, dimanche, à la cathédrale, où les fidèles peuvent assister à deux offices religieux chaque jour.

Tout de suite après la messe, prêtres et fidèles sont sortis en procession, pour appuyer la décision du gouverneur régional qui veut que l’Église orthodoxe prenne le contrôle de Saint-Isaac.

À leur tête, Vitaly Milonov, un député du parti de Vladimir Poutine, le même qui a proposé, notamment, la loi antigais. Maintenant, il veut chasser les marchands du temple.

Ils ont fait de Saint-Isaac un lieu de commerce. Ils forcent les gens à payer pour y entrer. Cette cathédrale a été construite d’abord pour être la maison de Dieu.

Le député russe Vitaly Milonov

Les opposants surpassent les fidèles

Après cette manifestation de quelques centaines de fidèles, des milliers de personnes se sont rendues à Saint-Isaac pour protester paisiblement contre son changement de vocation.

Ces opposants croient qu’ils peuvent encore infléchir la décision du gouverneur régional. Ils craignent que l’Église orthodoxe ne néglige l’entretien de la cathédrale et de ses centaines d’œuvres d’art, en donnant pour exemples les nombreuses églises qui se détériorent ou qui tombent carrément en ruines.

Les opposants ont lancé une pétition déjà signée par plus de 200 000 personnes et qui continue de recueillir des appuis.

Boris Vichniensky, un député d’opposition, est le meneur de cette rébellion. Il s’engage même à forcer le gouverneur régional à changer d’idée. « Soit il le fait volontairement, soit les tribunaux vont le forcer », assure-t-il.

Ceux qui veulent que Saint-Isaac demeure un musée craignent que les autorités ne permettent pas d’autres manifestations du genre. Ils vont continuer leur bataille par d’autres moyens, disent-ils, en utilisant entre autres les médias sociaux.

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