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L'aviation civile s'entend pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre

L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a approuvé jeudi, lors de son assemblée générale à Montréal, un accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

En négociation depuis six ans, l'entente est qualifiée d'historique, d'autant plus qu'il s'agit d'une première dans le secteur industriel et que le transport aérien n'est pas couvert par l'accord de Paris sur le climat, qui entrera en vigueur début novembre.

L'entente s'appliquera aux vols internationaux commerciaux et aux avions d'affaires qui génèrent plus de 10 000 tonnes de CO2 par an.

Dans un premier temps, l'adhésion à ce mécanisme se fera sur une base volontaire, de 2021 à 2026, avant de devenir obligatoire en 2027.

Pour l'heure, 64 pays (dont le Canada, les États-Unis et la Chine) représentant 85 % de l'activité du secteur prendront part à la phase volontaire. Leurs compagnies aériennes devront ainsi acheter des « crédits carbone » pour compenser la croissance de leurs rejets de GES.

Dès 2027, le mécanisme s'appliquera à tous les pays, sauf les plus pauvres, les petits États et ceux qui représentent moins de 0,5 % du trafic mondial de passagers.

L'aviation civile est responsable d'environ 2 % des émissions globales de GES. Celles-ci risquent d'augmenter, puisque les spécialistes prédisent que le transport aérien de passagers va doubler d'ici 2034 pour atteindre 7 milliards de personnes transportées chaque année.

Entre satisfaction et déception

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a salué l'accord, rappelant le rôle joué par le Canada pour rallier le plus grand nombre d'adhésions possible.

La satisfaction était de mise aussi chez les écologistes, comme Nathaniel Keohane, responsable climat au Fond de défense de l'environnement (EDF). Il estime que « cet accord positionne l'aviation comme moteur dans l'objectif de réduire la pollution carbone dans le monde ».

Lou Leonard, du Fonds mondial pour la nature (WWF), tempère ses ardeurs, car « nous sommes loin de la ligne d'arrivée dans la lutte contre la pollution carbone générée par l'aviation internationale ».

L'Inde et de la Russie étaient opposées à la ratification de cet accord. Moscou parle d'un « objectif irréaliste » et dit « ne pas être encore en position de manifester sa participation ». 

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