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L'échec du vote préférentiel à Burlington

Parmi les options étudiées par le comité fédéral qui se penche sur la réforme électorale, il y a le vote préférentiel. C'est cette option que favorisait Justin Trudeau avant de devenir premier ministre. La ville de Burlington au Vermont a tenté l'expérience pour des élections à la mairie. Sans succès.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Demandez aux Vermontois, ils vous le diront. Leur État est une bête politique à part. Ici, on se trouve dans le fief de Bernie Sanders, candidat malheureux à l'investiture démocrate, connu pour ses prises de position à gauche.

Pas étonnant donc qu'à Burlington, il y ait bien sûr les démocrates et les républicains, mais aussi un Parti progressiste. Avec plusieurs partis, il était difficile pour un candidat à la mairie d'obtenir une majorité claire de plus de 50 % des votes.

L'ancien conseiller municipal Terry Bouricius, un proche de Bernie Sanders, a milité pendant des années pour un changement du mode de scrutin. « Nous devions changer le système » affirme-t-il, catégorique.

En 2005, la majorité des citoyens ont appuyé par référendum l'idée d'utiliser le vote préférentiel pour élire le premier magistrat de la ville.

Regardez comment fonctionne le vote préférentiel : 

Certains électeurs ont apprécié le changement. « Ce n'était pas compliqué, il fallait écrire un, deux, trois, pour choisir ses candidats », nous dit le résident de Burlington Steve Norman. 

Un mode de scrutin très contesté

Mais l'option choisie est loin d'avoir convaincu la population. Frustrés des résultats du scrutin de 2009, de nombreux citoyens, comme Lea Therune et son mari Chuck Selen, se sont organisés et ont milité pour l'abolition du vote préférentiel.

Le maire progressiste Bob Kiss, qui était impopulaire, venait alors d'être réélu. Les multiples tours de scrutin l'ont avantagé.

Son mari croit aussi que ce système a eu un impact négatif sur les débats politiques. Selon Chuck Selen, comme les électeurs doivent inscrire plusieurs choix sur leur bulletin de vote, les candidats tentent de séduire le plus grand nombre de personnes.

Dans ce contexte, il a constaté que tous les candidats à la mairie tenaient des discours assez semblables.

Choisir la bonne voie

À la suite de ces insatisfactions, un vote a été organisé en 2010 sur l'avenir du vote préférentiel. La majorité des électeurs ont choisi d'abandonner cette manière de faire et de revenir à l'ancien système, semblable à ce qui est utilisé au Canada.

Avec le recul, Terry Bouricius, grand défenseur de la réforme, réalise que le vote préférentiel pour l'élection du maire n'a pas éliminé toutes les failles du système. Il croit aujourd'hui qu'il aurait fallu être plus ambitieux, par exemple en proposant un système proportionnel pour l'élection des conseillers municipaux. 

Selon lui, elle est là la nécessité de trouver le bon mode de scrutin. Parce qu'après l'expérience des dernières années, à Burlington, plus personne ne parle de réforme électorale.

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