Moins d'un an après avoir annoncé le projet d'élargissement du canal de Suez, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a inauguré jeudi la nouvelle artère, qu'il présente comme « le cadeau de l'Égypte au monde ».

Le canal de Suez, long de 193 km, relie la mer Rouge et la mer Méditerranée. Utilisé depuis 1869, notamment pour le transport de pétrole et de marchandises, c'est l'une des routes essentielles pour le commerce mondial, très précieuse pour l'Égypte, dont l'économie en crise depuis le printemps arabe de 2011 attend toujours une relance.

Jeudi, des dizaines de dignitaires étrangers sous haute protection, dont François Hollande, ont participé à la parade navale inaugurale du projet. Le président Al-Sissi est arrivé à bord d'un yacht appartenant anciennement à la famille royale française, le même qui avait transporté l'impératrice française Eugénie en 1869, lors de l'inauguration du canal.

Après seulement 11 mois de travaux réalisés par des équipes internationales, une nouvelle voie a été creusée sur 35 km, et une autre portion du canal déjà existante a été élargie sur 37 km, ce qui devrait permettre le passage de navires de plus grande taille. La durée de leur trajet sera aussi réduite de 22 à 11 heures.

Le Caire estime que le nombre de navires circulant chaque jour sur le canal de Suez passera de 49 à 97 d'ici 2023. Il prédit en outre que ses revenus passeront de 7,6 à 16,8 milliards de dollars pour la même période.

De grandes ombres au tableau

Si un trafic accru est physiquement possible, la demande pour autant d'achalandage n'est cependant pas garantie.

Certains experts du commerce international estiment qu'il s'agit d'un pari plus que risqué, dans la mesure où les armateurs cherchent plus à réduire leurs coûts de transport que la durée des voyages. Ceux-ci n'ont d'ailleurs pas fait de pression sur le gouvernement afin d'obtenir l'élargissement du canal.

L'empressement dans lequel s'est ouvert le chantier a par ailleurs forcé l'expropriation de familles, qui ont dû quitter leur demeure sans indemnisation, à 10 jours d'avis.

Plusieurs personnes sont mortes sur ce chantier, qui mobilisait des travailleurs sept jours sur sept, 24 heures sur 24.

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