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L'EI perd du terrain à Mossoul, maintenant encerclée par les forces irakiennes

Les combattants du groupe armé État islamique (EI) ont été délogés de trois autres quartiers de l'est de Mossoul, affirment les forces du contre-terrorisme irakien.

Selon le brigadier général Haider Fadhil, les soldats irakiens ont repris les quartiers des Appartements verts, de Qahira et d’Amn, et ils se battent maintenant dans celui densément peuplé de Zohour.

Quelques heures plus tôt, les forces irakiennes sont parvenues à isoler Mossoul de Raqqa, fief de l’EI en Syrie, en prenant le contrôle d’une route située à l’ouest de Tal Afar, une localité aux mains de l’EI située au nord-ouest de la ville.

Ce développement a été rendu possible par une action conjointe des milices chiites regroupées au sein des Comités de mobilisation populaire, qui arrivaient par le sud, et des peshmergas kurdes, attaquant depuis le nord.

Les djihadistes contrôlent cependant toujours la route entre Al-Afar et Mossoul. Le prochain objectif des miliciens chiites consiste précisément à couper cette route.

Mardi, la coalition internationale emmenée par Washington avait pour sa part détruit l’un des derniers ponts enjambant le fleuve Tigre, qui sépare l’est et l’ouest de Mossoul.

« Ils ne peuvent pas s’enfuir. Ils ont deux options : se rendre ou mourir », affirme l’un des commandants des forces du contre-terrorisme, Maan Al-Saadi.

Les djihadistes « ne peuvent plus aller nulle part », affirme également le colonel américain John Dorrian, porte-parole de la coalition. « Ils ne peuvent plus de réapprovisionner ni envoyer des renforts », se félicite-t-il.

L’avancée des Irakiens dans le sud et le sud-est de la ville s’accélère, c’est une très bonne évolution. Ils [l’EI] vont devoir réagir à cette poussée et cela va affaiblir leur défense.

colonel John Dorrian

Malgré cet optimisme affiché, le colonel Dorrian ne cache pas que le combat pour la reprise de Mossoul, maintenant dans sa sixième semaine, s’avère « extrêmement dur et brutal ».

Poussés dans leurs derniers retranchements, les combattants de l’EI attaquent les forces irakiennes avec des attaques suicides, des voitures piégées, des tirs de snipers, et des explosifs dissimulés dans des immeubles.

L’EI, qui a pris le contrôle de la ville à l’été 2014, profite aussi d’un vaste réseau de tunnels souterrains qui permet à ses militants de se déplacer furtivement et qui contraint les forces irakiennes à avancer avec beaucoup de prudence.

Qui plus est, la partie ouest, où seraient retranchés la majorité des combattants de l’EI, reste à conquérir. Or ces quartiers sont composés de ruelles étroites qui compliqueront leur reconquête.

Les combats sont aussi compliqués par le fait que Mossoul compterait encore 1 million de civils, selon des estimations. Selon l’Office international des migrations, seules 70 000 personnes ont fui la ville depuis le début de l’offensive.

Ce chiffre n’inclut pas les milliers de personnes qui ont été contraintes d’accompagner les djihadistes pour couvrir leur retraite en direction de Mossoul, ni les 3000 familles sunnites qui auraient fui Tal Afar, par crainte de l’arrivée des miliciens chiites.

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