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L'émir du Qatar pose ses conditions pour un dialogue avec ses voisins

L'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, a lancé vendredi un appel au dialogue, pour résoudre la crise diplomatique qui oppose son émirat au quartet arabe, tout en posant ses conditions.

Dans son premier discours depuis la mise en quarantaine, le 5 juin, de l’émirat gazier par ses voisins saoudien, bahreïnien, émirati et égyptien, Tamim ben Hamad Al-Thani a assuré que le Qatar était ouvert au dialogue, en dépit d'un « siège » injuste.

« Nous sommes ouverts au dialogue pour régler les problèmes en suspens », a déclaré l’émir du Qatar dans un discours télévisé.

Cependant, le chef de l’État qatari a posé ses conditions pour l’amorce de pourparlers avec le quartet arabe, « dans le respect de la souveraineté et de la volonté de chaque État ».

« Ce règlement ne doit pas prendre la forme de diktats, mais d'engagements communs et contraignants pour toutes les parties », a-t-il déclaré. Pour lui, « toute solution devra respecter la souveraineté et la volonté de chacun ».

L’émir du Qatar estime par ailleurs que l’économie de son pays devrait s’ouvrir davantage aux investissements étrangers. « L'heure est venue pour nous d'épargner le peuple [des effets] des divergences politiques entre gouvernements », a-t-il dit.

Le cheik Tamim accuse ses voisins d’avoir voulu imposer leur tutelle au Qatar et de « porter atteinte à la liberté d'expression et au droit à l'information », en allusion à la demande de fermer la chaîne Al Jazeera.

Les États-Unis satisfaits

Tamim ben Hamad Al-Thani s'exprimait quelques heures après le message que lui a adressé le secrétaire d'État américain, Rex Tillerson, selon lequel les États-Unis sont satisfaits des efforts déployés par le Qatar et ont demandé aux quatre pays arabes de lever leur « blocus terrestre ».

« Nous sommes satisfaits des efforts dont ils font preuve », a déclaré M. Tillerson, alors qu’il recevait vendredi à Washington son homologue omanais.

« J'espère que les quatre pays [Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Égypte et Bahreïn] y verront un signe de bonne volonté et lèveront le blocus qui a vraiment un impact négatif sur le peuple du Qatar », a-t-il plaidé.

Le secrétaire d’État américain s'est félicité que Doha « ait mis en œuvre de manière très dynamique l'accord signé entre le Qatar et les États-Unis pour apaiser les craintes en matière de terrorisme, de son financement et de contreterrorisme », rapporte l’AFP.

Le 5 juin, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte avaient rompu leurs relations avec le Qatar, qu'ils accusent de soutenir « le terrorisme » et de se rapprocher de l'Iran, grand rival régional de Ryad.

Le quartet arabe a exigé le 22 juin la satisfaction de 13 demandes, dont la fermeture de la chaîne de télévision Al Jazeera.

Doha a rejeté en bloc les exigences du quartet, accusant ses voisins de vouloir mettre l’émirat « sous tutelle » et de l'étouffer économiquement.

Le discours de l’émir survient au lendemain de l’annonce par Doha d’un amendement de la loi antiterroriste du Qatar.

Cet amendement a été salué par le ministre d'État émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, l'un des responsables du quartet les plus critiques de la politique du Qatar.

« C'est un pas positif pour traiter avec sérieux la liste de 59 terroristes », a expliqué sur Twitter M. Gargash, estimant que « les pressions liées à la crise commencent à donner des résultats ».

Ballet diplomatique

La crise provoquée par la rupture des relations diplomatiques du quartet avec Doha a donné lieu à un ballet diplomatique dans la région et une médiation du Koweït.

Des ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays occidentaux ont tenté de dégoupiller la crise du Golfe, dont l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les États-Unis et la France.

Le chef de la diplomatie américaine était en tournée dans la région. Le 11 juillet, il a obtenu l’accord de Doha pour un programme de lutte contre « le financement du terrorisme », un accord jugé « insuffisant » par Ryad et ses alliés.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a appelé à « une désescalade » dans la crise, au cours d’une tournée dans la région les 15 et 16 juillet.

Le lendemain, le ministre d'État émirati aux Affaires étrangères a exhorté le Qatar à revenir à la table des négociations, soulignant que son pays et ses alliés ne cherchaient pas un « changement de régime », mais d'« attitude ».

Auparavant, il avait soutenu que l'isolement du Qatar pouvait durer « des années ».

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