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L'enquête se poursuit à Montréal après l'attaque de Flint

Des policiers de Montréal et des inspecteurs de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont terminé leur perquisition dans l'immeuble où résidait Amor Ftouhi, ce Montréalais accusé d'avoir poignardé un policier à l'aéroport international Bishop de Flint, au Michigan.

Les enquêteurs cherchaient des informations qui pourraient permettre de comprendre les motivations qui ont poussé cet homme sans antécédents judiciaires connus à commettre ce geste. Aux États-Unis, Amor Ftouhi est accusé d'avoir perpétré un geste de violence à un aéroport international.

Il pourrait pourrait faire face à des accusations liées au terrorisme, s'il s'avère qu'il s'agit bel et bien d'un acte terroriste, a affirmé le procureur général par intérim du district est du Michigan, Daniel L. Lemisch.

L’homme d'une cinquantaine d'années, d’origine tunisienne, demeurait depuis environ six ans dans un des 11 logements de cet immeuble, avec sa femme et leurs trois enfants.

Selon les informations tirées de sa comparution, mercredi soir, il est au Canada depuis une dizaine d'années et a la double citoyenneté canadienne et tunisienne. Il s'exprime principalement en français et comprend l'anglais.

Selon son curriculum vitae, il travaillait comme chauffeur pour l’agence de placement Travail global. Le document, obtenu par Radio-Canada, indique également qu’il possédait un permis de classe 1 et 3, pour véhicules routiers et camions, et une carte EXPRES permettant d’accélérer le passage à la frontière américaine, qui requérait des vérifications de sécurité.

Mis à part une ancienne voisine qui l’a décrit comme une personne « froide » à l'air « renfermé », les témoignages recueillis dans l'immeuble semblent décrire un homme sans histoire.

Des personnes musulmanes résidant dans le secteur se sont montrées inquiètes de ce nouvel acte commis au nom de leur religion.

Amor Ftouhi est détenu au Michigan. Il est passible d'une peine de 20 ans de prison pour le geste qu'on lui reproche.

Appels au calme

En marge du congrès Metropolis, où les questions de sécurité font partie des sujets abordés, le maire de Montréal, Denis Coderre, a lancé un appel à la patience, le temps que l’enquête se fasse.

« On parle de loup solitaire. C’est pour ça que c’est important, toute la question de la prévention. Il faut toujours s’assurer d’être vigilant, a dit M. Coderre. On va attendre, encore une fois, mais à la lumière de ce qu’on a vu depuis le début, ce n’est pas comme si [c’est] quelqu’un [qui] avait une histoire. Est-ce qu’il y a une réalité de santé mentale? »

Le vice-président de l’agglomération de Marseille, en France, est allé dans le même sens. « Malheureusement, l’humain est ainsi fait qu’il y a des gens qui sont complètement désocialisés et en dehors de notre société. Après, il y a des psychopathes, après, je ne sais pas ce qu’était cet homme-là. Ce sont des choses qui arrivent, il ne faut pas non plus s’autoflageller en croyant que ça amène une image de marque négative », a commenté Richard Mallié.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a assuré que les autorités de part et d’autre de la frontière collaboraient dans ce dossier. Il a lancé lui aussi des appels au calme et à la tolérance.

« On n’est pas sur une île, ici au Québec, on fait partie d’un monde instable, risqué, et il faut prendre nos responsabilités, mais il ne faut surtout pas non plus changer nos habitudes de vie et nos valeurs. C’est ça qu’ils détestent, c’est ça qu’ils veulent attaquer. Alors, continuons à vivre comme on le fait, avec fierté, avec, bien sûr, la sécurité à l’esprit. On a des agences, des gens compétents qui s’en occupent », a déclaré M. Couillard.

Dans un point de presse subséquent, le premier ministre Couillard a tenu à souligner qu'il était impossible de « dissocier cet acte-là de la version pervertie de l'islam radical que certains dans cette communauté religieuse font circuler. J'appelle à la responsabilité partagée de la société », a-t-il fait valoir, disant s'inspirer des propos tenus récemment par le président français Emmanuel Macron.

Il a insisté une fois de plus sur la contribution de la communauté musulmane, qui doit agir « de l'intérieur », pour dénoncer « la perversion de la religion que certains utilisent pour commettre des actes inexcusables, impardonnables, soi-disant au nom d'une religion qui est déformée de façon perverse ».

Il a lancé un appel à cette communauté, pour qu'elle se dissocie de façon non équivoque de cette « perversion » de l'islam. « Il faut que ce soit dit très, très, très fortement, a-t-il insisté. Il faut que ce soit dit avec force. »

Éviter un impact à la frontière

« Il s’agit d’un acte dont on ne peut pas faire retomber la responsabilité sur la population du Québec. Il faut quand même être raisonnable. [...] On va s’assurer qu’il n’y ait pas de conséquences adverses sur le Québec », avait aussi dit le premier ministre dans sa première intervention.

Selon David Morin, codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent de l’Université de Sherbrooke, la mentalité « de forteresse assiégée » de l’administration du président Donald Trump pourrait laisser présager des conséquences. « Donc, je pense que ce matin, à Ottawa, il fait assez chaud et qu’on essaie de travailler beaucoup à désamorcer une surréaction de la part des autorités américaines à la frontière », a-t-il analysé.

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