Retour

L'EPA confirme le risque de la fracturation hydraulique pour l'eau, sans pouvoir le mesurer

L'extraction des gaz de schiste par la fracturation hydraulique peut contaminer les ressources en eau potable, mais ces risques restent impossibles à mesurer, indique une étude de l'Agence de protection de l'environnement (EPA) américaine publiée mardi.

Commandée par le Congrès américain, cette évaluation finale arrive après six ans d’attente. Il s’agit de la « compilation la plus complète à ce jour des données scientifiques nationales sur l'impact de la fracturation hydraulique » sur les réserves d’eau, a souligné Thomas Burke, conseiller scientifique de l’EPA.

Après avoir avancé que la fracturation hydraulique n’avait pas d’impact majeur sur l’eau, lors d’un rapport préliminaire en juin 2015, l’EPA reconnaît maintenant que cette technique d’extraction peut avoir des effets néfastes sur la qualité et la disponibilité des ressources en eau potable aux États-Unis, « dans certaines circonstances ».

Basé sur plus de 1200 sources scientifiques, le rapport indique en somme que l’impact est désormais prouvé. Il peut s’avérer temporaire ou mener à une contamination de l’eau près des sites de forage, la rendant impossible à consommer.

L’étude fait état de plusieurs lacunes observées dans les installations de forage et rapporte plusieurs cas de mauvaise gestion des eaux contaminées.

Malgré ces résultats, l’EPA n’est pas en mesure d’établir quelle est l’importance de ce risque de contamination.

En raison des écarts significatifs et des incertitudes dans les données disponibles, il était impossible d’évaluer entièrement la gravité de ces impacts, ni de calculer ou estimer la fréquence de ces impacts sur les réserves d'eau potable.

Extrait du rapport de l'EPA

« La fracturation hydraulique pour le pétrole et le gaz est une pratique en constante évolution », conclut l’EPA, laissant encore une fois en suspens la question des dangers que représente cette technique pour les ressources en eau potable.

Un revirement « absurde »

Le changement des conclusions tirées par l’EPA entre le rapport préliminaire et l’évaluation finale est « absurde », a déclaré Erik Milito de l’American Petroleum Institute, un important lobby pétrolier aux États-Unis.

À quelques semaines de la fin du mandat de Barack Obama, M. Milito y voit un geste politique plutôt qu’une preuve des faits.

« L’Agence a tourné le dos à des centaines de sources – des rapports techniques et des études scientifiques revues par des pairs – qui démontrent que la fracturation hydraulique n’a pas d’impacts répandus et systématiques sur les ressources en eau potable », a-t-il dénoncé.

Obama a tenté de réguler la fracturation hydraulique au cours de son second mandat, notamment en imposant aux pétroliers des mesures de protection des nappes phréatiques.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Toute la vérité sur la Vierge





Concours!



Rabais de la semaine