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L'épidémie d'Ebola en RDC n'est pas une urgence internationale, selon l'OMS

L'épidémie de fièvre Ebola en République démocratique du Congo (RDC) ne constitue pas « actuellement une urgence de santé publique de portée internationale », a annoncé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), lors d'une conférence tenue à Genève, en Suisse.

« Le risque de propagation internationale est particulièrement grand », mais il y a de fortes raisons de croire que « cette situation peut être maîtrisée », a commenté Robert Steffen, un membre du comité d'urgence de l'agence onusienne, au terme d'une réunion consacrée à ce sujet.

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a par ailleurs confirmé que des équipes se préparent à administrer d'ici dimanche un vaccin expérimental au personnel médical déployé en première ligne.

Des milliers de doses de ce vaccin mis au point par l'Agence de la santé publique du Canada sont arrivées dans la capitale, Kinshasa, et elles doivent maintenant être acheminées vers le nord-ouest du pays.

Cela représente un grand défi logistique, dans la mesure où le vaccin doit être gardé à -51 degrés Celsius et que la RDC est un pays tropical où l'alimentation en électricité est aléatoire.

Selon le plus récent bilan de l'OMS, l'épidémie apparue au début du mois dans une zone rurale du nord-ouest de la RDC totalise déjà 45 cas, dont 14 confirmés, et a fait 25 morts.

Neuf pays voisins courent un risque « élevé » de propagation

Plus tôt dans la journée, l'OMS avait tout de même révisé son évaluation du risque de propagation de l'épidémie, désormais considéré « très élevé » au niveau national et « élevé » pour les pays voisins.

Neuf pays voisins de la RDC, dont le Congo-Brazzaville et la République centrafricaine, ont été informés qu'ils courent un risque élevé de propagation, a précisé l'OMS.

Cette réévaluation a été faite après qu'un premier cas confirmé d'Ebola en zone urbaine eut été rapporté jeudi à Mbandaka, ville d'environ 1,5 million d'habitants sur le fleuve Congo et reliée à la capitale Kinshasa par de nombreuses liaisons fluviales.

De son côté, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a annoncé le déploiement d'épidémiologistes et de personnel médical à Kinshasa et à 16 points d'entrée aux frontières de la RDC pour tenter d'empêcher la propagation de l'Ebola.

La colère gronde à Mbandaka

À Mbandaka, les habitants exprimaient vendredi leur colère contre l'inaction des autorités.

« Je viens de Bikoro [épicentre de la nouvelle épidémie à une centaine de kilomètres de Mbandaka], il n'y a que deux points de contrôle sur plus de 100 kilomètres de route dans les villages Kalamba et Ndenga. Ce n'est pas efficace parce que de nombreuses personnes qui voyagent par moto et à pied échappent à ce contrôle », a déclaré à l'AFP un Congolais inquiet, Abraham.

« Les autorités n'ont rien fait pour éviter qu'Ebola n'arrive à Mbandaka », a estimé de son côté Claude, un habitant de la ville.

Contactées par l'AFP, les autorités congolaises n'ont pas réagi dans l'immédiat.

« Ici, au port fluvial de Mbandaka, nous avons reçu instruction des autorités pour fermer toutes les issues sauf une seule afin de contraindre tout le monde à passer au contrôle », a déclaré à l'AFP un responsable provincial de la société de transport fluvial public.

Au port de Menge, un port fluvial privé, des agents du ministère de la Santé prenaient vendredi systématiquement la température des voyageurs avec des thermomètres laser.

« Mais les thermomètres ne sont pas en nombre suffisant, d'où l'énervement et des attroupements », a regretté Joseph Dangbele, un agent du port.

Dans les ports, le dispositif de contrôle est constitué des thermomètres laser, de bassines d'eau et de savon liquide, d'un registre sur lesquels les noms et adresses des voyageurs à l'arrivée sont inscrits, a constaté un correspondant de l'AFP.

Face à l'épidémie d'Ebola, de nombreux Congolais se tournent aussi vers les églises.

Avant qu'un cas ne soit rapporté à Mbandanka, les cas d'Ebola avaient été uniquement recensés dans la région de Bikoro, zone rurale très difficile d'accès à la frontière avec le Congo-Brazzaville. L'épidémie a été officiellement déclarée le 8 mai.

Une 9e épidémie d'Ebola

La RDC en est à sa neuvième épidémie depuis que la maladie a fait son apparition sur son sol, en 1976.

La dernière épidémie en RDC remonte à 2017. Rapidement circonscrite, elle avait fait officiellement quatre morts.

L'épidémie d'Ebola la plus violente de l'histoire a frappé l'Afrique de l'Ouest de la fin 2013 à 2016.

Elle a causé plus de 11 300 morts sur quelque 29 000 cas recensés, à plus de 99 % en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

L'OMS avait alors été vivement critiquée pour la lenteur de sa réaction.

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