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L'épidémie de virus Zika rouvre le débat houleux de l'avortement au Brésil

Le Brésil est le pays le plus durement touché par le virus Zika et les femmes enceintes y sont désormais confrontées à un terrible dilemme : ou bien elles interrompent leur grossesse de manière préventive, une intervention illégale sauf exception, dans ce qui est le plus grand pays catholique du monde, ou bien elles risquent de mettre au monde un enfant microcéphale.

Dans ce contexte, l'épidémie rouvre le débat sur l'avortement dans ce pays, qui est au cœur de l'alerte sanitaire mondiale pour le Zika lancée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus tôt cette semaine.

Le président de la Société brésilienne de dengue, le Dr Artur Timerman, affirme que certaines femmes enceintes ayant attrapé le Zika optent pour un avortement clandestin.

Depuis 2012, les Brésiliennes peuvent mettre un terme à leur grossesse lorsqu'elles portent un enfant acéphale, c'est-à-dire sans cerveau. Auparavant, seuls les cas de grossesses qui mettaient la vie de la mère en danger ou les cas de viol pouvaient se solder par un avortement.

Depuis octobre au Brésil, on a recensé plus de 404 cas de bébés nés avec une rare malformation du cerveau appelée microcéphalie.

De plus, il y a quelques milliers d'autres cas que l'on soupçonne d'être associés au Zika.

« La plus grande complication du Zika est la microcéphalie, affirme le Dr Timerman. Si nous ne disons pas clairement aux femmes d'éviter de tomber enceintes, nous allons avoir une génération d'enfants microcéphales. C'est une tragédie. »

Le lien entre le virus Zika et la microcéphalie est « fortement suspecté bien que non prouvé scientifiquement » par l'OMS. La microcéphalie n'est détectable qu'à partir de la 24e semaine de grossesse.

On évalue qu'il y a chaque année un million d'interruptions de grossesse au Brésil, qui compte 204 millions d'habitants.

Un cas de transmission lors d'une transfusion sanguine au Brésil

Et puis, dans ce dossier de plus en plus complexe, une autre mauvaise nouvelle est tombée sur le Brésil jeudi : les autorités sanitaires ont confirmé un cas de transmission du virus Zika par transfusion sanguine.

Survenue à Campinas, une ville industrielle proche de Sao Paulo, la contamination date d'avril 2015. Un homme a été infecté en recevant du sang d'un donneur porteur du virus.

Plus tôt cette semaine, les États-Unis ont de leur côté annoncé un cas de transmission du virus par voie sexuelle.

Cette maladie est généralement transmise par les moustiques du genre Aedes. La mise au jour de nouveaux modes de transmission complique les efforts entrepris pour endiguer l'épidémie en cours dans une trentaine de pays, principalement en Amérique latine.

[16-02-01 16:58] Florent Daudens (florent.daudens@cbc.ca) :

Premier cas de femme enceinte, frappée par le Zika, diagnostiqué en Europe

Le ministère de la Santé de l'Espagne a par ailleurs signalé qu'une femme enceinte vivant dans ce pays et ayant voyagé en Colombie est atteinte du virus Zika. Il s'agit du premier cas du genre recensé en Europe. Sur l'ensemble de ce continent, il y a des dizaines de cas répertoriés parmi des voyageurs revenant d'Amérique latine, mais jusque-là il n'y avait pas eu de femmes enceintes touchées par le virus.

La Colombie est le second pays le plus touché par le virus Zika après le Brésil.

Enfin au Texas, les autorités ont signalé cette semaine une contamination par voie sexuelle à Dallas.

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