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L’équipe de Trump connaissait l'existence d'une enquête sur Flynn

L'ex-conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, Michael T. Flynn, avait mis au courant l'équipe de transition du président des États-Unis qu'il faisait l'objet d'une enquête pour avoir secrètement agi comme lobbyiste rémunéré par la Turquie durant la campagne présidentielle, avant son arrivée à la Maison-Blanche.

Cette information a été révélée jeudi par le New York Times, selon deux sources du quotidien au fait du dossier. L’avertissement a été communiqué à l’équipe de Trump un mois après que le département de la Justice eut avisé M. Flynn de l’enquête à son sujet.

Michael Flynn a d'abord informé le 4 janvier Donald F. McGahn II, alors responsable juridique de l'équipe de transition de Trump, et aujourd'hui conseiller juridique de la Maison-Blanche, de la situation.

Deux jours plus tard, une conversation sur ses activités de lobbyisme a également eu lieu entre ses avocats et les avocats de transition.

En dépit de cet avertissement, le président américain a nommé Michael Flynn à la tête du Conseil de sécurité nationale, fonction qui donne accès à presque tous les secrets détenus par les agences américaines de renseignement.

Un plan auquel la Turquie s'opposait bloqué

Quelque dix jours avant l’entrée de Donald Trump en fonction, Michael Flynn aurait aussi bloqué une opération militaire contre un des bastions de l’EI à Raqqa en Syrie, impliquant des forces kurdes, à laquelle la Turquie s'opposait, selon le service de nouvelles McClathcy, cité par Associated Press.

Le général Flynn conseillait alors le camp Trump en matière de politique étrangère – ce qu'il faisait déjà, dans le cadre de la campagne électorale, depuis février 2016.

Le plan provenait de l'administration Obama, qui avait décidé de s'en remettre à l'équipe de transition de Trump pour faire approuver ce qui, de toute façon, serait mis en oeuvre par le président élu.

La Turquie s'est toujours fortement opposée à la présence des forces kurdes dans les activités contre l'EI menées en Syrie par les Américains en raison de la longue lutte qui oppose Ankara et sa minorité kurde.

Durant la campagne présidentielle américaine, la Turquie a payé Michael Flynn plus de 500 000 $ pour faire valoir ses positions.

Donald Trump a finalement approuvé l'opération à Raqqa des semaines après le renvoi de M. Flynn, survenu le 13 février.

Le président a été contraint de renvoyer son conseiller à la sécurité à peine 24 jours après son entrée en poste, après que le Washington Post eut rapporté que celui-ci avait discuté des sanctions imposées à la Russie par l'ancien président Barack Obama avec l'ambassadeur russe aux États-Unis, Sergueï Kislyak, lors d'une conversation téléphonique tenue avant l’investiture de Trump, le 29 décembre.

Plus d'un contact avec la Russie

L'agence Reuters révélait par ailleurs ce matin, sur la foi des révélations de trois responsables américains, que Michael Flynn et d'autres conseillers de la campagne de Donald Trump avaient été en contact, à au moins 18 reprises, avec des responsables russes et des personnes proches du Kremlin, entre avril et novembre 2016.

Les contacts incluent des discussions entre M. Flynn et M. Kislyak qui n'avaient pas été mises au jour jusqu'à maintenant.

Le FBI et des commissions de la Chambre des représentants et du Sénat, qui enquêtent sur l’ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine, étudieront ces communications, soit des conversations téléphoniques et des courriels.

Les contacts avec des responsables étrangers au cours d’une campagne électorale sont monnaie courante. Toutefois, des spécialistes politiques estiment que le nombre d'échanges recensé entre l’équipe Trump et des personnes de pouvoir en Russie est exceptionnel.

Selon les sources de Reuters, les conversations entre Michael Flynn et Sergueï Kislyak se sont également multipliées après la victoire de Donald Trump.

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