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L'État islamique présente toujours une menace, selon l’ONU

Le groupe armé État islamique est toujours en mesure d'envoyer des fonds à l'étranger et d'inciter ses partisans à frapper en Europe et ailleurs, en dépit de la pression militaire dont il fait l'objet et d'un déclin de ses revenus, prévient un nouveau rapport des Nations unies.

Al-Qaïda, pour sa part, demeure vigoureuse en Afrique de l'Ouest, en Afrique de l'Est et dans la péninsule arabique, poursuit le document.

Les experts qui surveillent l'impact des sanctions sur les groupes extrémistes expliquent que la rivalité entre Daech (acronyme arabe du groupe armé État islamique) et Al-Qaïda n'est pas terminée, mais que des « alliances fluides » entre les combattants « et la collaboration au niveau tactique dans plusieurs régions leur permettent de passer d'un groupe à un autre ».

Le document dit que la menace extrémiste s'intensifie en Asie du Sud-Est, où Daech veut s'implanter. Il estime que les événements survenus récemment dans le sud des Philippines, où la ville de Marawi est assiégée depuis deux mois par des militants associés à Daech, en sont la preuve.

Les experts précisent dans ce rapport remis au Conseil de sécurité des Nations unies que « le cœur » de Daech s'adapte à la pression militaire en Irak et en Syrie. Le groupe serait à acquérir la capacité de construire des drones de grande taille qu'il sera de plus en plus en mesure d'armer, « augmentant du fait même sa capacité à frapper à distance ».

Le document dit que Daech « continue à envoyer des fonds à ses filiales à travers le monde » et qu'il continuera à le faire tant qu'il le pourra. Les leaders de Daech ont aussi envoyé de l'argent vers les régions où le groupe n'est pas implanté, en prévision d'une défaite éventuelle en Irak et en Syrie, selon un membre de l'ONU non identifié et cité dans le rapport.

Le rapport étudie la menace extrémiste qui pèse sur chaque région :

  • Les attaques perpétrées en Europe pendant la première moitié de 2017 démontrent que « l'Europe demeure une région prioritaire » pour les attentats de Daech. Aucune attaque lancée depuis le début de l'année ne l'a toutefois été avec la participation du « cœur » de Daech, que ce soit sur le plan de la planification, du financement ou de l'envoi d'hommes.
  • En Irak, plusieurs membres rapportent que les leaders de Daech ont fui Mossoul avant l'attaque des forces irakiennes appuyées par la coalition américaine. La résistance à Mossoul « indique toutefois que la structure de commandement et de contrôle de Daech ne s'est pas effondrée et que le groupe constitue toujours une menace militaire ». En Syrie, les leaders de Daech auraient quitté la ville de Raqqa avant le début de l'offensive terrestre et aérienne.
  • Daech et Al-Qaïda font peser une « menace importante » sur la péninsule arabique. Une trentaine de complots associés à Daech auraient été éventés dans la région, dont un qui ciblait la grande mosquée de la Mecque et un autre la ville saoudienne de Djeddah.
  • En Afrique du Nord, des cellules de Daech ont lancé plusieurs attaques en Libye depuis le début de l'année, même après que le groupe eut été évincé de la ville de Syrte. Daech compterait entre 400 et 700 combattants en Libye.
  • En Afrique de l'Ouest, les filiales de Daech continuent à menacer le Mali et la région du Sahel. Les groupes affiliés à Al-Qaïda seraient en mesure d'épier les déplacements des forces militaires et de lancer des attaques complexes.
  • L'Afrique de l'Est est menacée par Al-Shabab, dont les 6000 ou 8000 hommes sont affiliés à Al-Qaïda. Des filiales de Daech sévissent aussi dans le sud de la Somalie et dans l'État semi-autonome du Puntland.
  • La rivalité s'intensifierait entre Daech et les talibans en Afghanistan. Daech n'y aurait toutefois qu'une présence modeste, et les talibans conserveraient leur ascendant sur les filiales régionales d'Al-Qaïda. Plus de 7000 étrangers auraient rejoint les talibans et Al-Qaïda en Afghanistan.
  • L'Asie du Sud-Est, enfin, est le théâtre d'une « situation précaire ». Certains extrémistes seraient séduits par l'idéologie de Daech et son « califat » autoproclamé. Au moins sept attaques perpétrées en Malaisie, en Indonésie et aux Philippines en 2016 seraient attribuables à des militants proches de Daech.

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