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L’Europe presse Trump de respecter l’accord sur le nucléaire iranien

L'accord sur le nucléaire iranien « fonctionne » et il est dans l'intérêt du monde de le préserver, affirment à l'unisson les grandes puissances européennes dans ce qui constituait un message sans équivoque destiné à Donald Trump.

Le président américain, qui n’a jamais caché son dédain pour cet accord, jongle avec l’idée de rétablir des sanctions contre la République islamique. Une décision à ce sujet pourrait être annoncée dès vendredi.

Le point de vue européen sur le sujet a été présenté depuis Bruxelles par les chefs de la diplomatie européenne, française, britannique et allemande, au terme d’une rencontre avec leur homologue iranien, Mohammad Javad Zarif.

L’accord « fonctionne, rend le monde plus sûr et empêche une course à l’armement nucléaire potentielle dans la région », a résumé la numéro 1 de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui ont tous participé aux longues et difficiles négociations avec l’Iran qui ont permis la conclusion de l’accord, en juillet 2015, ont tous frappé sur le même clou.

« Il n'y a pas aujourd'hui d'indication qui pourrait laisser un doute sur le bon respect par la partie iranienne de l'accord, puisque l'AIEA [Agence internationale de l'énergie atomique] confirme régulièrement [sa] bonne mise en œuvre », a affirmé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

« Il importe donc aujourd'hui que l'ensemble des parties prenantes respectent cet engagement commun, et en conséquence que nos alliés américains le respectent aussi », a-t-il ajouté. « Mais ça ne signifie pas que nous cachions les autres points de désaccord qui existent. »

« Nous pensons que c'est un succès diplomatique considérable », a conclu son collègue britannique Boris Johnson. « C'est un moyen d'empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires, et l'Iran respecte cet accord, d'après l’AIEA ».

Sur son compte Twitter, Mohammad Javad Zarif, a estimé que la réunion de Bruxelles avait démontré un « solide consensus » autour du respect par la République islamique de ses engagements, de son droit à tirer les bénéfices économiques de cet accord et d'un rejet de toute initiative portant atteinte à l'accord.

« Les pays de l'E3 [Allemagne, France et Grande-Bretagne] et l'UE sont pleinement conscients que la poursuite du respect de ses engagements par l'Iran est soumise à un plein respect de la part des États-Unis », a-t-il écrit.

Dialogue à venir sur des enjeux litigieux

Les quatre diplomates en chef réunis à Bruxelles ont pris le soin de souligner que l’appui européen à l’accord sur le nucléaire iranien ne signifie pas que les autres sujets qui fâchent doivent être occultés.

Les préoccupations européennes envers « le développement de missiles balistiques [par l’Iran] ou les tensions dans la région » ont d’ailleurs été abordées au cours de la rencontre, a indiqué Mme Mogherini.

Les « tensions » évoquées dans la région font référence à l’implication avérée ou soupçonnée de la République islamique en Syrie, au Liban et au Yémen. Ces situations contribuent à alimenter le conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite.

« Nous avons décidé aujourd'hui que nous discuterions sur ces sujets contentieux, en commençant par le Yémen », a affirmé le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel . « Ceci n'a rien à voir avec l'accord nucléaire [...] mais il y a un besoin urgent de le faire ».

Dans l'attente d'une nouvelle annonce de Trump

L’accord sur le nucléaire iranien, en vigueur depuis deux ans, a limité le programme iranien à des usages civils en échange d’une levée progressive des sanctions internationales prises à son encontre.

Le président Trump, qui a ouvertement exprimé son intention de « déchirer » l’entente lors de la campagne électorale de 2016, louvoie sur le sujet depuis qu’il a pris le pouvoir.

En avril et en juillet 2017, il a « certifié » au Congrès que l’Iran respecte l’accord, comme il doit le faire tous les trois mois.

Lors de l’échéance subséquente, en octobre, il a cependant refusé de le faire, en plaidant que l’accord n'était pas dans l'intérêt national des Américains et que l’Iran n’en respectait pas « l’esprit ».

Il a néanmoins prolongé la levée des sanctions pendant trois autres mois et a reporté sa décision de rester dans l'accord ou non, en exhortant le Congrès à changer les lois américaines sur la certification.

Sa prochaine annonce dans le dossier est attendue d’un jour à l’autre, et pourrait être faite dès vendredi.

L’AIEA, chargée de vérifier la mise en œuvre de l'accord, estime que l’Iran respecte l’entente. Son dernier rapport, rendu public en novembre, l’a réitéré une fois de plus.

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