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L'Europe veut un contrôle des migrants avant leur arrivée en territoire européen

En réunion à Vienne, samedi, pour discuter d'immigration, les dirigeants européens ont réaffirmé qu'ils n'avaient pas l'intention d'ouvrir plus leurs frontières aux migrants, mais qu'ils voulaient plutôt voir une amélioration importante du contrôle de la surveillance des frontières extérieures à l'Union européenne (UE).

Les dirigeants d'une dizaine de pays situés sur ou près de la route migratoire des Balkans étaient présents à cette rencontre pour tenter d'« accélérer » la mise en œuvre de certaines décisions communes ayant trait à la crise des migrants.

Selon le chancelier autrichien Christian Kern, à l'origine de la rencontre, les dirigeants veulent mettre leurs ressources en commun pour permettre d'améliorer la surveillance des frontières extérieures de l'UE, mais aussi aider à la prise en charge des réfugiés dans les pays voisins de leur patrie d'origine et mettre en place un « plan économique » pour l'Afrique visant à favoriser l'éducation et l'emploi.

M. Kern dit espérer d'ici décembre la mise sur pied d'un programme européen de coopération avec l'Égypte, la Jordanie et le Liban pour que restent dans ces pays les centaines de milliers de candidats à l'asile qui s'y trouvent actuellement dans l'idée de gagner l'Europe.

De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel, a plaidé pour la conclusion d'accords avec les pays d'origine des migrants, notamment pour pouvoir y renvoyer les personnes déboutées du droit d'asile.

« Il est nécessaire de conclure des accords avec les pays tiers, notamment en Afrique, mais aussi avec le Pakistan et l'Afghanistan. [...] Nous voulons stopper l'immigration clandestine tout en étant à la hauteur de nos responsabilités humanitaires », a-t-elle déclaré.

La Grèce demande toujours de l'aide

Mme Merkel a également déploré que le système de transfert des réfugiés en Europe au départ de la Grèce et de l'Italie soit « trop lent », faisant écho au premier ministre grec, Alexis Tsipras, qui a rappelé que l'UE avait promis plus de personnel européen pour renforcer les services grecs d'immigration saturés par le traitement des procédures. Quelque 60 000 demandeurs d'asile sont bloqués en Grèce depuis mars.

M. Tsipras, qui craint un nouvel afflux de migrants en Grèce si l'accord survenu en mars 2016 entre la Turquie et l'UE venait à prendre fin, a aussi insisté pour que « l'UE remplisse ses engagements vis-à-vis de la Turquie », notamment en ce qui a trait à l'exemption de visas nécessaires à l'entrée en territoire européen pour les citoyens turcs. Cette clause de l'accord divise les États membres de l'UE. Rappelons qu'en vertu de cette entente la Grèce peut maintenant renvoyer tous les migrants irréguliers qui se trouvent sur son territoire vers la Turquie.

Par ailleurs, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, farouche opposant à la politique d'accueil des migrants en Europe et au mécanisme européen de relocalisation des réfugiés, contre lequel il organise d'ailleurs un référendum le 2 octobre, croit que la solution à la crise passe par la Libye.

Viktor Orban suggère que l'UE construise une « ville géante de réfugiés » sur les côtes de la Libye, à partir de laquelle seraient examinées les demandes d'asile des ressortissants originaires d'Afrique. Il souhaite que les pays occidentaux prennent des mesures favorisant l'unité libyenne, notamment la levée de l'embargo sur les armes destinées à ce pays, afin de soutenir l'Armée de libération libyenne et un nouveau gouvernement.

Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), plus de 300 000 migrants et réfugiés ont traversé en 2016 la Méditerranée pour se rendre en Europe, principalement en Italie.

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