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L'ex-patron du FBI divulgue ses conversations avec le président Trump

La commission du renseignement du Sénat entend aujourd'hui le témoignage de l'ex-directeur du FBI. Mercredi, le contenu de la déclaration qu'il doit faire ce matin a été rendu public. Limogé par Donald Trump, James Comey y soutient que le président lui a demandé de « dissiper le nuage » qui planait sur lui en raison de l'enquête du FBI sur le conseiller à la sécurité de la Maison-Blanche, Michael Flynn.

La déclaration, qui s’étend sur sept pages, constitue le premier compte rendu détaillé fourni par James Comey au sujet de ses échanges avec le président américain.

Elle fait état des conversations qu’a eues l’ex-directeur du Bureau fédéral d'enquêtes (FBI) seul à seul avec Donald Trump, notamment à l'occasion d’un souper le 27 janvier, lors d’une rencontre dans le bureau ovale le 14 février et durant un échange téléphonique le 30 mars.

Au total, l'ex-patron du FBI déclare avoir eu neuf conversations avec Trump, trois en tête à tête et six au téléphone. Ces discussions ont eu lieu entre le 6 janvier, date à laquelle le président élu n'avait pas encore été investi, et le limogeage de M. Comey, le 9 mai.

James Comey avait accompli quatre des dix années de son mandat à la tête de la police fédérale, lorsqu’il a été brutalement limogé par Donald Trump.

Dans le témoignage qu’il livrera aux membres de la commission du renseignement du Sénat, James Comey soutiendra que le président Trump a tenté, de multiples façons, d’influencer l’enquête du FBI sur de possibles contacts entre Moscou et l'équipe Trump durant la campagne présidentielle américaine.

Cette commission sénatoriale n’est que l’une des instances du Congrès américain qui enquête sur cette présumée ingérence de la Russie.

L'audition de James Comey jeudi se déroulera en deux temps, d'abord dans le cadre d'une séance publique, puis lors d'une séance à huis clos, ce qui permettra aux sénateurs d'aborder des questions relatives à des informations confidentielles.

Trump se sent « complètement conforté »

Le président américain Donald Trump estime que ce témoignage-choc lui donne raison, a déclaré son avocat mercredi.

M. Trump se dit « satisfait » que l’ex-chef du FBI James Comey ait « finalement confirmé publiquement ses informations privées qui disaient que le président ne faisait pas l'objet d'une enquête en lien avec une investigation sur la Russie », a écrit Marc Kasowitz dans un communiqué.« Le président se sent complètement et totalement conforté », ajoute l'avocat à propos du témoignage qui risque toutefois d'exposer le président américain à des accusations d'entrave à la justice dans le dossier russe.

James Comey notait tout

Dans sa déclaration, l'ex-patron du FBI écrit notamment que Donald Trump lui a demandé de laisser tomber l'enquête visant l'éphémère conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Michael Flynn. Il a été révélé que cet ex-conseiller avait induit en erreur de hauts responsables américains, dont le vice-président Mike Pence, sur ses contacts avec des Russes, dont l'ambassadeur russe aux États-Unis. Donald Trump a obligé Michael Flynn à démissionner, à la mi-février.

Ces entretiens avec le président Trump étaient inhabituels aux yeux de James Comey, en comparaison avec les échanges qu'il avait eus avec son prédécesseur, Barack Obama.

Un « nuage » et une preuve de « loyauté »

Donald Trump, écrit James Comey, lui a demandé à répétition de dire publiquement que le président ne faisait pas personnellement l'objet d'une enquête. Au téléphone, le président américain lui a demandé ce qui pouvait être fait pour « dissiper le nuage » pesant sur lui en raison de l’enquête sur Michael Flynn. Un nuage qui nuisait à sa capacité de gouverner, aurait précisé Trump, selon le compte-rendu de James Comey.

Le président aurait aussi réclamé de M. Comey qu’il l’assure de sa loyauté. Ce à quoi James Comey lui aurait répondu qu’il ferait toujours preuve de franchise à son égard.

Donald Trump aurait aussi demandé au patron du FBI s’il tenait à conserver son emploi. Dans sa déclaration, James Comey écrit avoir trouvé étrange que le président lui demande cela, puisqu’il lui avait assuré à deux reprises par le passé qu’il tenait à ce qu’il reste en poste.

James Comey reconnaît que cette question l’a « grandement préoccupé », parce qu’il a eu l’impression que ce repas en compagnie du président visait à créer, entre eux, une sorte de relation de clientélisme.

Une affaire pire que le Watergate, selon James Clapper

James Clapper, qui a dirigé le renseignement national des États-Unis jusqu'en janvier dernier, a fait connaître ses positions mercredi sur les multiples allégations d'ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016. Selon lui, elles sont « beaucoup plus préoccupantes » que le scandale du Watergate, qui a pourtant fait tomber le président Richard Nixon.

Le Watergate n'était « rien en comparaison » avec les allégations selon lesquelles l'équipe de Donald Trump aurait été de mèche avec Moscou pendant la dernière campagne présidentielle américaine, a déclaré mercredi M. Clapper.

M. Clapper a ajouté que la décision de M. Trump de congédier James Comey témoignait d'un manque de respect total envers l'indépendance et l'autonomie du FBI.

De plus, le partage par M. Trump avec la Russie de renseignements concernant Daech (le groupe armé État islamique) est le signe « soit d'une ignorance, soit d'un manque de respect, et tous deux sont très problématiques ».

Il a dit que ce partage avait mis en péril la source israélienne ayant fourni ces informations.

« Je suis très préoccupé de voir nos institutions attaquées aussi bien de l'extérieur, par la Russie, que de l'intérieur, par le président lui-même », a lancé M. Clapper.

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