Retour

L'ex-président péruvien Fujimori quitte la clinique en toute liberté

Après avoir été gracié par le chef de l'État Pedro Pablo Kuczynski, l'ex-président péruvien Alberto Fujimori, condamné pour crimes contre l'humanité, a quitté jeudi soir en toute liberté une clinique à Lima.

Souffrant de problèmes cardiaques et gastriques, l'ancien dirigeant avait été transféré de sa prison dans cette clinique de la capitale le 23 décembre. Son médecin personnel a invoqué « un problème cardiaque sévère ».

Son convoi s’est dirigé vers un quartier privé situé dans une zone de l'est de la capitale.

L’ex-chef d’État, qui a régné en maître absolu entre 1990 et 2000, était en fauteuil roulant et était escorté par des policiers et des gardes du corps, rapporte l’AFP.

M. Fujimori, 79 ans, est un ingénieur d'origine japonaise qui a combattu avec succès la guérilla maoïste du Sentier lumineux et a propulsé l’économie du pays.

Il est également connu pour ses méthodes autoritaires, qui l'ont conduit en prison pour avoir commandité deux massacres perpétrés par un escadron de la mort en 1991 et en 1992.

Alberto Fujimori a été condamné à 25 ans de prison pour crimes contre l'humanité et corruption. Il en a purgé 12 avant d'être gracié par l'actuel président. Cette grâce a provoqué une crise politique dans le pays. Des familles de victimes sont sorties dans les rues pour manifester et des membres du gouvernement ont démissionné.

Plus de 230 écrivains péruviens, dont le prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa, ont signé un manifeste contre cette décision qu'ils qualifient « d'illégale et d'irresponsable ». Des avocats des victimes et des ONG ont saisi la Cour interaméricaine des droits de l'homme pour qu'elle demande des comptes au gouvernement péruvien et analyse cette grâce en vue d'une éventuelle annulation.

Le chef de l'État a sauvé son poste de justesse grâce au soutien d'une partie du puissant mouvement politique fondé par M. Fujimori, désormais dirigé par ses enfants.

Le président Kuczynski s'était engagé durant sa campagne électorale de 2016 à laisser Alberto Fujimori en prison.

Plus d'articles