Retour

L'exercice AnaKonda en Pologne, rassurant et semeur de discorde

En Pologne, l'exercice militaire AnaKonda de l'OTAN, auquel participent des dizaines de milliers de soldats et qui vise à rassurer les pays voisins de la Russie, tire à sa fin. Parmi ces soldats, une poignée sont Canadiens. Mais, alors que le ton monte de plus en plus avec Moscou, l'OTAN et la Pologne voudraient que ce contingent soit beaucoup plus important.

Raymond Saint-Pierre

  Un texte de Raymond Saint-Pierre

Vingt-quatre pays membres de l'OTAN ont envoyé 31 000 soldats pour participer aux manœuvres AnaKonda, qui ont duré 10 jours. Le contingent canadien compte 230 soldats, qui proviennent en grande majorité du premier bataillon Royal 22e Régiment de Valcartier.

Des exercices rassurants et utiles pour l'avenir

Pour le major Eric Beauchamp, qui commande les forces terrestres canadiennes, on cherche d'abord, par ces exercices, à éviter que d'éventuelles opérations communes deviennent une tour de Babel. Ces manoeuvres leur permettent d'apprendre à travailler conjointement.

« Il y a des défis de langues, des défis de procédures. On fait face à tous les défis, explique-t-il. Ces exercices contribuent donc grandement à nous améliorer, à travailler ensemble. »

Des résidents de la région sont par ailleurs invités à assister à certains de ces exercices. L'OTAN a organisé AnaKonda et d'autres exercices similaires dans des pays de la région pour rassurer les populations, inquiètes de l'appui russe aux rebelles en Ukraine et de l'annexion de la Crimée.

Une plus grande présence canadienne demandée

L'Allemagne, la Grande-Bretagne et les États-Unis dépêcheront des contingents de 1000 soldats dans chacun des trois pays baltes, soit en Lituanie, en Estonie et en Lettonie.

L'OTAN et les Polonais voudraient que le Canada fasse de même. C'est du moins ce que le lieutenant-général polonais Marek Tomaszycki, qui commande AnaKonda, dit souhaiter.

En fait, tous les pays de l'OTAN sont les bienvenus s'ils veulent envoyer plus de soldats, ajoute-t-il.

Plusieurs pays voisins de la Russie insistent aussi pour que l'OTAN soit plus présente et que des manoeuvres soient effectuées plus fréquemment.

Tensions entre la Russie et l'OTAN

La Russie, qui voit les exercices se multiplier dans la région, les perçoit plutôt comme une provocation. Neuf pays qui étaient ses alliés au moment de l'Union soviétique se sont joints depuis à l'OTAN.

Selon Natalia Narochnitskaya, de l'Institut de la démocratie et de la coopération à Moscou, un groupe prorusse, cela reflète bien l'impérialisme américain - et de l'OTAN - qui montre ses muscles face à la Russie et qui tente de recruter le plus de pays membres possible.

Alors que le ton monte avec la Russie et que l'on parle de plus en plus d'une nouvelle guerre froide, l'OTAN veut assurer une présence de plus en plus grande en Europe, une présence que l'on qualifie de « constante » pour rassurer ses alliés.

En fait, on se livre à une guerre sémantique. Dans un accord entre l'OTAN et la Russie datant de 1997, l'Organisation s'était engagée à ne pas baser des troupes en permanence dans les anciens pays du Pacte de Varsovie. C'est pour cela que l'on parle plutôt de « présence constante ». Les soldats resteront sur place de six à neuf mois, mais ne seront pas installés en permanence en Pologne et dans les pays baltes.

Plus d'articles

Commentaires