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L'exil haïtien est motivé par les conditions économiques

Sept ans après le tremblement de terre majeur qui a dévasté la perle des Antilles, l'immobilisme économique d'Haïti a de tristes conséquences.

Une pénurie d'emplois. Un avenir bouché pour bien des gens, y compris les jeunes. Voilà ce qui pousse des milliers d'Haïtiens vers la route de l'exil.

Insuffisance

Comme l'explique Philippe Leblanc, les perspectives d'emploi sont très faibles pour les jeunes Haïtiens.

« Plusieurs personnes n'arrivent pas à trouver un emploi, même si elles ont un diplôme », souligne-t-il.

Et si le salaire minimum a récemment été augmenté à 6,95 $ par jour, après plusieurs manifestations à ce sujet, ce montant reste insuffisant pour se procurer les denrées de base, mentionne le journaliste.

Désireux de gagner leur croûte, plusieurs Haïtiens se sont tournés vers de petits boulots, y compris celui de chauffeur de taxi à moto.

« La multiplication de ces véhicules sur les routes a toutefois entraîné une hausse des accidents et de la criminalité », précise Philippe Leblanc.

D'où le profond dilemme devant lequel se retrouvent de nombreux Haïtiens : faut-il rester et tenter de gagner suffisamment pour s'assurer de pouvoir acheter le minimum vital? Ou faut-il plutôt partir, laisser le pays derrière soi et jouer le tout pour le tout à l'étranger?

Perdre son avenir

Ce choix de l'exil a d'ailleurs son lot de conséquences, particulièrement lorsqu'il est question des jeunes.

« Les jeunes souffrent socialement », déclare Ernest Bigor au journaliste Philippe Leblanc.

« Quand je vois des jeunes qui laissent Haïti pour aller se réfugier dans d'autres pays, je dis "Franchement, il n'y a pas d'avenir" », poursuit-il.Dans ces conditions, l'idée de faire revenir les demandeurs d'asile dans leur pays d'origine fait sursauter. Idem pour la déclaration de deux ministres haïtiens, de passage à Montréal cette semaine pour rencontrer les demandeurs d'asile. Selon ces ministres, la situation s'améliore à Haïti, et le pays serait peut-être prêt à recevoir ces milliers de gens ayant quitté leur terre natale, rappelle le journaliste d'ICI Radio-Canada.

Alors que l'économie haïtienne tourne à vide, comment accueillir et intégrer ces anciens exilés? « Est-ce qu'on va leur donner un emploi, payer leur éducation et leur loyer? Je ne crois pas que le gouvernement haïtien ait assez de moyens », lance pour sa part Fabiolia Césalien.

Une situation économique terne

Le phénomène ne date pas d'hier. Après le séisme de 2010, qui a ravagé plusieurs villes du petit pays des Antilles et fait quelque 300 000 morts, bon nombre d'Haïtiens ont quitté le pays pour chercher un avenir meilleur à l'étranger.

Aujourd'hui encore, Haïti n'a toujours pas retrouvé son allant d'antan. L'horizon économique semble désespérément terne.

Les chiffres le prouvent : selon les données des Affaires étrangères françaises, 72 % des Haïtiens vivent sous le seuil de la pauvreté, soit avec moins de 2 $ par jour.

Quant au taux de chômage, il atteint 27 %, mais les deux tiers des habitants du pays seraient touchés par le chômage ou le sous-emploi.

Si l'on ajoute à cela une inflation atteignant 12,5 % en 2016 et une dévaluation de la monnaie, cela crée une situation particulièrement complexe.

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