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L’extrême droite rate de peu la présidentielle en Autriche

Après plusieurs heures d'incertitude, les Autrichiens ont appris lundi matin que le candidat indépendant Alexander Van der Bellen était leur président élu.

Soutenu par les écologistes, Van der Bellen (50,3 %) a soufflé une courte victoire à l'extrême droite (49,7 %) - soit un écart de quelque 31 000 voix -, confirmée par le ministère de l'Intérieur autrichien.

Le candidat Norbert Hofer a concédé la victoire à son adversaire sur sa page Facebook.

Légèrement en avance en fin de soirée dimanche, le candidat d'extrême droite a vu la présidence lui glisser entre les doigts lundi. Avant le dépouillement des votes par correspondance du second tour, Hofer recueillait 51,9 % des voix, tandis que l'indépendant Van der Bellen récoltait 48,1 % des suffrages exprimés.

La popularité du vote par correspondance - plus de 10 % des électeurs se sont prévalus de ce droit - a brouillé les pistes. 

Candidat du Parti de la liberté (FPÖ), un parti islamophobe et eurosceptique, Hofer était largement en avance avec 35 % des suffrages lors du scrutin de premier tour tenu en avril dernier. Quant à Van der Bellen, il récoltait 21 % des suffrages et les candidats des deux partis qui forment la coalition sortante - le Parti social-démocrate et le Parti du peuple, une formation centriste - étaient écartés du deuxième tour.

Le parti de M. Hofer avait exploité l'hostilité envers l'Union européenne et la crainte de voir l'Autriche être submergée par les réfugiés. M. Van der Bellen, quant à lui, était appuyé par les Autrichiens favorables à l'Union européenne et en faveur de politiques d'immigration plus humaines.

Le vote de dimanche étale au grand jour les profondes divisions du pays, surtout en ce qui concerne l'immigration et son avenir au sein de l'UE. 

Partis traditionnels en perte de vitesse et division du vote

Pour Jean-Yves Camus, politologue à l'Institut de recherche internationale et stratégique à Paris, spécialiste des nationalismes et extrémismes en Europe, la montée de l'extrême droite ne date pas d'hier. Ce qui est inquiétant à ses yeux est qu'au premier tour, « les candidats des deux partis gouvernementaux socio-démocrates et conservateurs ont recueilli à eux deux 22 % des voix, 11 % chacun.  Ça veut dire que Les Autrichiens se détournent assez massivement des partis traditionnels ».

M. Camus attribue la division du vote autrichien à « une ligne fracture assez nette entre l'Autriche des grandes villes et celle des petites villes et campagnes ».

Demi-victoire ou demi-défaite?

En France, le premier ministre, Manuel Valls, a réagi sur son compte Twitter, se disant soulagé par ce résultat.

Ce n'est pas l'avis de Florian Philippot, du Front national (FN), parti français d'extrême droite. Il affirme qu'il s'agit d'une  « courte défaite numérique, mais vraie victoire politique » en Autriche. « La dynamique  populaire est du côté des idées nationales », a-t-il ajouté. Le FN y voit même un avant-goût de la présidentielle de 2017 en France.

Matteo Salvini, patron de la Ligue du Nord italienne, alliée du FPÖ et du FN au Parlement européen, a salué « l'air de liberté » soufflant selon lui en Europe. 

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