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L'Iran et la Russie, une fois de plus seuls au front pour défendre Damas

Alliés de la première heure du régime de Bachar Al-Assad, la Russie et l'Iran ont été les seuls à dénoncer sans détour l'attaque américaine contre une base aérienne en Syrie, en représailles à une attaque au gaz toxique contre Khan Cheikhoun, attribuée par l'Occident à Damas.

Le régime syrien et son allié russe ont dénoncé ces frappes américaines comme une infraction au droit international puisqu’elles constituent une agression contre un État souverain.

« Tout ce qu'a entrepris l'Amérique n'est qu'un acte idiot et irresponsable, et révèle sa vision à court terme [...] et son aveuglement sur les plans politique et militaire », a indiqué un communiqué de la présidence syrienne.

Selon Moscou, cette opération militaire aura pour effet de détériorer les relations entre les deux pays.

Le ministre syrien de l'Information, Ramez Turjman, a cependant estimé ne pas s'attendre à une escalade militaire avec les États-Unis, estimant par ailleurs que les dégâts causés à la base aérienne sont limités.

Soutenu par Moscou, le gouvernement syrien continue de nier les allégations d’attaque à l’arme chimique contre Khan Cheikhoun. Les deux alliés soutiennent que le bombardement de l’armée syrienne a en fait touché un arsenal chimique appartenant à des rebelles, ce qui a provoqué la libération d’agents toxiques dans l’air.

Par ailleurs, l'opposition de la Coalition nationale syrienne (CNS) a été la première à réagir peu après les frappes américaines, qui ont fait au moins six morts, selon l'armée syrienne.

Un porte-parole du groupe a dit espérer que ces attaques se poursuivent « afin d'empêcher le régime d'utiliser ses avions pour lancer un nouveau raid aérien ou d'utiliser à nouveau des armes interdites par la communauté internationale ».

Téhéran dénonce une « action unilatérale »

Autre allié du régime syrien de Bachar Al-Assad, l’Iran a « vigoureusement » condamné la frappe américaine.

« Nous condamnons toute action unilatérale et l'attaque [...] contre la base aérienne de Shayrat, sous prétexte d'une attaque chimique suspecte mardi à Khan Cheikhoun », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi.

Cette attaque ne fera qu'« aider les groupes terroristes qui sont en déclin et compliquer encore la situation en Syrie et dans la région », a ajouté M. Ghassemi.

Ottawa appuie « les efforts contre les atrocités »

De son côté, le Canada a déclaré par voie de communiqué qu'il appuyait les « efforts pour mettre fin à ces atrocités » en Syrie, à la suite de l'attaque chimique contre le village de Khan Cheikhoun. Un porte-parole des Affaires mondiales Canada a spécifié que des pourparlers étaient en cours avec les États-Unis, précisant que d'autres détails seraient connus vendredi.

Le ministère de la Défense nationale a mentionné que les Forces armées canadiennes n'avaient pas participé aux frappes et que la priorité du Canada demeurait le démantèlement du groupe armé État islamique.

L'Occident derrière Trump

Le Royaume-Uni a affirmé que l'intervention américaine était une réponse appropriée « à l'attaque barbare à l'arme chimique », lancée par le gouvernement syrien.

La France a précisé que ces frappes étaient un « avertissement » contre le régime de Bachar Al-Assad. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a ajouté que l'utilisation d'armes chimiques devait être punie, puisqu'il s'agissait « d'un crime de guerre ».

Paris et Berlin ont appelé la communauté internationale à se rassembler en faveur d'une transition politique en Syrie. La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande ont indiqué que le président Bachar Al-Assad portait « l'entière responsabilité » des frappes américaines.

L'OTAN estime, quant à elle, que le régime de Bachar Al-Assad portait « l'entière responsabilité » de la frappe américaine. « L'OTAN a constamment condamné la poursuite de l'usage des armes chimiques par la Syrie en claire violation des normes et accords internationaux », a indiqué le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg, dans un communiqué.

Ankara veut la création d'une zone d'exclusion aérienne

La Turquie a salué comme positives ces frappes aériennes et ajouté que la création d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie s’imposait afin d’éviter une répétition de l’attaque au gaz toxique de mardi.

Le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan, Ibrahim Kalin, affirme que la destruction de la base aérienne d’où seraient partis les avions ayant mené l’attaque au gaz « marque une étape importante pour assurer que les attaques chimiques et conventionnelles contre la population civile ne resteront pas impunies ».

La Turquie a par ailleurs réitéré son souhait que Bachar Al-Assad quitte enfin le pouvoir.

L'Arabie saoudite a salué la « décision courageuse » du président Donald Trump concernant l'utilisation présumée d'armes chimiques par le gouvernement syrien. Le premier ministre japonais Shinzo Abe a quant à lui soutenu « la détermination du gouvernement américain à ne jamais tolérer la prolifération d'armes chimiques ».

Un soutien « total » d'Israël

Tel-Aviv a aussi rapidement tenu à apporter son soutien « total » aux États-Unis.

Dans un communiqué, le bureau du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a adressé un message à l'Iran et à la Corée du Nord.

« Israël [...] espère que ce message de détermination face aux agissements ignobles du régime de Bachar Al-Assad sera entendu non seulement à Damas, mais aussi à Téhéran, à Pyongyang et ailleurs », a déclaré le Bureau du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou

La Chine a préféré se tenir à l'écart du tumulte interanational et elle a choisi de ne pas prendre position dans ce dossier. Pékin a invité les parties à « éviter toute nouvelle détérioration de la situation » en Syrie, a expliqué un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

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