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L'Iran et sa population au secours des sinistrés du séisme

Des secouristes aidés de chiens renifleurs continuent mardi de chercher des survivants dans les décombres de la ville iranienne de Sar-e Pol-e Zahab, la plus durement touchée par le tremblement de terre d'une magnitude de 7,3 qui a frappé la région dimanche. Téhéran promet pour sa part de veiller au sort des survivants et d'enquêter sur la solidité des immeubles.

Au moins 530 Iraniens ont été tués et 7460 autres, blessées, dans le séisme, selon le plus récent bilan diffusé mardi par l’agence semi-officielle ISNA. Un responsable local avance cependant que jusqu’à 150 autres victimes pourraient avoir été enterrées par leurs proches dans des zones rurales.

Au-delà des pertes humaines, les dégâts matériels sont impressionnants. Des immeubles et des maisons se sont effondrés comme des châteaux de cartes, et les façades de nombreuses autres constructions encore debout ont été éventrées. Sept villes et 2000 villages ont été touchés, selon les autorités.

À Sar-e Pol-e Zahab , ville kurde de la province de Kermanshah, des milliers de résidents ayant tout perdu ou craignant de nouvelles répliques se préparent à faire du camping dans des parcs pour une seconde nuit, dans des conditions précaires auxquelles tente de pallier le Croissant rouge, en distribuant des tentes.

« L’urgence est désormais de fournir des solutions pour le chauffage, le logement et la nourriture », a reconnu à la télévision nationale le chef de service national de secours iranien, Pir Hossein Koolivand.

Selon les autorités, qui ont décrété une journée de deuil national, l’eau et l’électricité sont progressivement rétablies dans la majeure partie des zones touchées.

Arrivé en hélicoptère dans la matinée, le président iranien Hassan Rouhani devait rencontrer dans l’après-midi les autorités locales pour évaluer la situation. Il a promis que son gouvernement agirait de façon action énergique pour venir en aide aux sinistrés.

La société civile mobilisée

Pour l’heure, un élan de solidarité se constate dans la République islamique. Selon l’AFP, le centre de Sar-e Pol-e Zahab était embouteillé mardi après-midi, en raison notamment de la présence de nombreux habitants de la province venus apporter des couvertures et de l’eau aux gens dans le besoin.

D’autres initiatives sont dignes de mention. Une ancienne gloire du soccer iranien, Ali Daei, a par exemple lancé une campagne de collecte de nourriture et de biens de première nécessité. Les équipes de soccer de Téhéran ont également annoncé l’envoi de tentes et de couvertures.

Les médias ne sont pas en reste. La télévision nationale arborait en bandeau noir en signe de deuil à l’écran, et diffuse par intervalles un diaporama montrant les dégâts et des victimes sur l’air de Sad Lisa, chanson de Yusuf Islam, qui était connu sous le nom de Cat Stevens avant de se convertir à l’islam.

Un quotidien gouvernemental a exceptionnellement utilisé la langue kurde pour titrer « L’Iran pleure avec Kermanshah » en première page.

D’autres voix s’élèvent cependant pour souligner que le séisme n’a fait que 8 morts et 336 blessés du côté irakien de la frontière, où se trouvait pourtant son épicentre.

Dans la ville de Sar-e Pol-e Zahab, de nombreuses constructions sont en effet récentes, puisque la ville a grandement souffert du conflit Iran-Irak. En 1980 les troupes irakiennes avaient pris la ville, avant d’en être chassées sept mois plus tard par des soldats iraniens.

La ville a donc été reconstruite après que la guerre eut pris fin, en 1988. Au cours des dernières années, des centaines d’habitations à loyer modique y ont aussi été construites en vertu d’un plan baptisé Mehr (gentillesse, en farsi) que défendait l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad.

« Avant son 10e anniversaire, les immeubles de Mehr sont devenus des cercueils pour leurs habitants », pouvait-on lire lundi sur le site Internet Fararu, associé au clan réformateur iranien.

« Les fautes et les manquements dans la construction de ces immeubles doivent faire l’objet d’une enquête », a d’ailleurs déclaré le président Rouhani, selon l’agence officielle IRNA. « Le gouvernement va clairement suivre ces enjeux et identifier les coupables. »

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