Le sénateur de la Floride a causé la surprise lundi en Iowa en talonnant de très près Donald Trump et Ted Cruz. Ce jeune loup, que certains surnomment « l'Obama du Parti républicain », réussira-t-il à tirer son épingle du jeu? Portrait.

Un texte de Ximena Sampson

Fils d'immigrés cubains, Marco Rubio ne cache pas ses origines modestes. Son père était barman et sa mère femme de ménage, puis caissière. C'est, en partie, grâce à son talent au football qu'il a obtenu les bourses nécessaires pour financer ses études.

Son ascension politique a été fulgurante, à 29 ans il était élu représentant de la Floride et sénateur à 40 ans.

Alors que certains encensent ses talents de communicateur, d'autres lui reprochent ses volte-face et son ambition démesurée.

Ses prises de position

Le sénateur de la Floride a plusieurs positions en commun avec les autres candidats à l'investiture républicaine, notamment avec Ted Cruz, qui est lui aussi d'origine cubaine.

Là où il se distingue, c'est en politique étrangère. « Il a fait ses devoirs », affirme Frédérick Gagnon, directeur de l'Observatoire des États-Unis à la Chaire Raoul-Dandurand, « il maîtrise ses dossiers et va plus dans les détails. » C'est un néoconservateur, proche de l'idéologie de George W. Bush. « Tandis que Ted Cruz est plutôt isolationniste, Marco Rubio est plus aventureux », soutient le chercheur. Il est prêt à envisager des interventions militaires pour exporter le modèle américain dans le monde.

Marco Rubio s'oppose au rapprochement avec Cuba et aux « concessions unilatérales » des États-Unis, insistant plutôt sur la lutte contre le communisme.

Il est aussi très dur face à l'Iran et s'oppose à l'accord conclu par Barack Obama.

Sur la question de l'immigration illégale, sa position est moins claire. Il a fait partie, en 2013, d'un groupe bipartisan de sénateurs qui ont présenté un projet pour légaliser la situation des immigrés clandestins, mais affirme maintenant qu'il faut renforcer la frontière avec le Mexique et déporter les immigrants illégaux.

Les primaires

« Il est le candidat le plus susceptible de remporter la course des primaires chez les républicains », soutient Frédérick Gagnon, « parce qu'il est le plus à même de fédérer les divers courants conservateurs au sein du parti. »

Le problème pour Marco Rubio est qu'il y a une brochette de candidats « modérés » qui sont encore dans la course. Jeb Bush, Chris Christie et John Kasich visent, eux aussi, à se présenter comme une solution de rechange à Ted Cruz et Donald Trump, perçus comme extrémistes.

A-t-il des chances de remporter la Maison-Blanche?

Pour les stratèges démocrates, c'est clairement le candidat le plus dangereux, soutient Frédérick Gagnon.

« C'est un conservateur, comme Cruz et Trump », affirme le chercheur, « mais il est plus susceptible de faire le plein de votes parmi les électeurs indépendants et les latinos, qui sont électeurs courtisés également par les démocrates. »

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