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L'Italie rejette l'accord de libre-échange entre l’UE et le Canada

Le nouveau gouvernement italien formé par le Mouvement 5 Étoiles (antisystème) et la Ligue (extrême-droite) n'entend pas donner son feu vert à l'Accord économique et commercial global (AECG) conclu par Canada et l'Union européenne (UE).

« Nous ne ratifierons pas l'accord de libre-échange avec le Canada parce qu'il ne protège qu'une petite partie de nos AOP (appellations d'origine protégée) et de nos IGP (indications géographiques protégées) », a indiqué le ministre italien de l’Agriculture, Gian Marco Centinaio, au quotidien La Stampa.

Parmi les 28 pays membres de l’Union européenne, l'Italie est le pays qui compte le plus grand nombre de produits estampillés IGP et AOP.

L’IGP désigne un produit agricole qui a été élaboré dans une zone géographique avec un savoir-faire spécifique relié à leur production ou leur transformation, sans que tous les ingrédients ne proviennent nécessairement d’un même endroit.

L’AOP s'applique plutôt à un produit dont tous les ingrédients proviennent d'une même zone et qui y est transformé.

Après des années de négociations, l’AECG est entrée en vigueur à titre provisoire le 21 septembre dernier. Environ 90 % des mesures destinées à accroître les échanges commerciaux qu’il contient sont appliquées. Cela inclut l'abolition de nombreux tarifs douaniers et l'élimination de quotas.

Le reste de l’accord doit cependant entrer en vigueur après ratification par les parlements nationaux des 28 pays membres de l’Union européenne et une dizaine de parlements régionaux. Il a toujours été entendu que cela pourrait prendre plusieurs années.

En attendant cette ratification complète, le tribunal d’arbitrage, qui doit se pencher sur des litiges inhérents à l’entente, ne peut entrer en fonction. D’autres mesures concernant la protection des investissements ne sont pas entrées en vigueur non plus.

L’AECG offre aux exportateurs canadiens l’accès au marché européen, qui comprend 500 millions de consommateurs. Selon des estimations, il pourrait accroître les échanges commerciaux entre le Canada et l’UE de 20 % à 25 %.

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