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L'ombre de Trump plane sur la présidentielle française

La victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine continue de nourrir les tensions politiques en France, alors que Marine Le Pen, la candidate du Front national, a le vent dans les voiles à quelques mois du scrutin présidentiel.

« C'est possible » qu’elle soit portée au pouvoir en mai 2017, a même reconnu le premier ministre socialiste Manuel Valls, en marge d’un forum économique à Berlin, alors que la figure de proue de l’extrême droite française semble pour l’instant assurée de passer au second tour.

Toutes les enquêtes d'opinion disent que la candidate Marine Le Pen sera présente au deuxième tour. […] Ça veut dire que l'équilibre de la vie politique française va totalement changer.

Le premier ministre français Manuel Valls

Selon lui, le discours et les propositions du président désigné Donald Trump sont inquiétants. Il craint la montée d’un courant populiste dans lequel s’inscrit Marine Le Pen, alertant du même coup « le danger que représente l’extrême droite ».

À droite

À quelques heures d’un dernier débat télévisé des sept candidats à la primaire de droite, l’ambiance est toute aussi tendue. Le prochain candidat des Républicains risque d’être celui qui affrontera Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, selon les sondeurs.

Les deux favoris, l'ex-président Nicolas Sarkozy et l'ex-premier ministre Alain Juppé, mènent une charge à fond de train contre l’extrême droite avec des stratégies opposées.

Combien de Brexit, combien d'élections américaines, combien de référendums européens perdus vous faudra-t-il pour qu'enfin vous entendiez la colère du peuple?

Nicolas Sarkozy

Le politicien de 61 ans s’est autoproclamé « défenseur des déclassés », pour rompre avec une image forgée pendant son passage à l’Élysée entre 2007 et 2012, celle d’un « président des riches ».

Il dit vouloir répondre aux préoccupations des Français sur l’immigration, l’islam et la sécurité, dans un pays encore marqué par une vague d’attentats terroristes. Cette stratégie pourrait lui permettre de séduire le « noyau dur » des membres de son parti, en plus d’arracher quelques appuis à l’extrême droite.

Son principal adversaire, Alain Juppé, de dix ans son aîné et favori dans la course d’après les sondeurs, tente davantage de séduire la droite modérée et du centre pour remporter le premier tour de la primaire de droite, dimanche.

« Nous ne voulons pas d'un président qui flirte chaque matin avec les thèses de l'extrême droite. La France n'a pas besoin d'un mini-Trump à l'Élysée », a déclaré le centriste Jean-Christophe Lagarde qui lui a déjà accordé son appui.

Le candidat des Républicains à la présidentielle sera connu au terme du second tour, le 27 novembre. L'ex-premier ministre François Fillon pourrait venir brouiller les cartes. Le politicien, très apprécié du monde des affaires, menace le duel annoncé Juppé-Sarkozy, selon de récents sondages.

À gauche

Quant au Parti socialiste, son représentant sera désigné en deux tours au mois de janvier 2017. Ce sont les deux seuls partis qui tiennent une primaire.

La gauche française est plus morcelée que jamais après l’entrée en lice de l'ancien ministre de l'Économie, Emmanuel Macron. Il a exercé ces fonctions sous la présidence de François Hollande qui, lui, tarde à se lancer dans la course du Parti socialiste pour obtenir un second mandat. Le premier ministre Manuel Valls n’a pas encore complètement écarté la possibilité de se présenter lui aussi, et pourrait faire campagne sur une « mondialisation au service des peuples ».

Les sondeurs montrent par contre que cette fracture de la gauche risque de lui coûter le second tour de la présidentielle, au profit du Front national.

Marine Le Pen, la candidate à battre

La candidate Marine Le Pen, déjà désignée par le Front national, salue, depuis la victoire de Trump, l'avènement d'un candidat « antisystème » à la tête de la première puissance mondiale. Elle a d’ailleurs été parmi les plus promptes à le féliciter, aux petites heures du matin, le 9 novembre.

« Nous enregistrons tous les jours des victoires idéologiques. À nous maintenant de les transformer en victoire politique », ajoute-t-elle maintenant.

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