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L'ONU annonce une trêve de 72 heures au Yémen

L'ONU a annoncé lundi l'instauration d'un cessez-le-feu renouvelable de 72 heures, entre le régime du président yéménite Abd-Rabbou Mansour Hadi et les rebelles houthis.

L'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, qui a reçu l'engagement de toutes les parties, a précisé que la trêve entrera en vigueur mercredi à 23 h 59, heure locale (16 h 59, heure avancée de l'Est).

Plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères du Yémen, Abdel-Malek Al-Mekhlafi, avait affirmé que le président acceptait la trêve à condition qu'elle se fasse dans le cadre du Comité de désescalade et de coordination (CDS), l'instance onusienne chargée de veiller au respect du cessez-le-feu, et que les rebelles mettent fin au siège de Taëz, une ville de 600 000 habitants dans le sud-ouest du pays.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, dont son pays soutient activement le président Abd-Rabbou Mansour Hadi, avait aussi pour sa part indiqué que le royaume accepterait la trêve si les rebelles houthis en faisaient autant, même s'il se disait sceptique.

La diplomatie américaine et anglaise à l'oeuvre

L'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen avait souligné dimanche à Londres « l'urgence d'en finir avec la violence au Yémen ».

Dans le cadre d'une rencontre dans la capitale britannique, le secrétaire d'État américain, John Kerry, et le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, avaient abondé dans le même sens.

M. Kerry a ajouté qu'il souhaitait, tout comme Boris Johnson et Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu « le plus rapidement possible, dès lundi ou mardi ».

La coalition arabe qui soutient le président critiquée

La guerre au Yémen oppose depuis mars 2015 les forces du président Hadi, soutenues par une coalition militaire arabo-sunnite sous commandement saoudien, à des rebelles chiites houthis, alliés à des forces fidèles à l'ex-chef d'État Ali Abdallah Saleh.

Les rebelles contrôlent la capitale Sanaa et des régions du nord, de l'ouest et du centre du pays. Les forces pro-Hadi ont reconquis des zones du sud, mais peinent à progresser en dépit d'intenses bombardements aériens de la coalition arabe, accusée d'avoir fait de nombreuses victimes collatérales.

La coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite est sous le feu des critiques de la communauté internationale depuis le raid du 8 octobre qui a fait 140 morts et 525 blessés, selon l'ONU, lors d'une veillée funèbre à Sanaa.

La coalition prosaoudienne qui, dans un premier temps, avait nié toute responsabilité dans le carnage du 8 octobre avait admis une bavure et annoncé des « compensations » pour les familles des victimes « civiles ».

Les États-Unis, qui se disaient « profondément troublés » par ces attaques, avaient déclaré qu'ils procéderaient à un « examen immédiat » de leur soutien à la coalition.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait aussi vivement condamné l'attaque, et réclamait la tenue d'une enquête indépendante.

La guerre civile au Yémen a fait plus de 6000 morts depuis l'entrée en scène de la coalition armée menée par l'Arabie saoudite, en mars 2015.

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