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L'ONU autorise l'UE à faire respecter l'embargo sur les armes en Libye

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité mardi une résolution qui vient élargir les pouvoirs des forces navales européennes de l'opération Sophia afin d'aider le régime libyen dans sa lutte contre les djihadistes.

Adoptée par les 15 pays membres du Conseil de sécurité, la résolution autorise les forces de l'Union européenne (UE) à intercepter et à inspecter les bateaux, en haute mer au large des côtes de la Libye, qui sont soupçonnés de transporter des armes et des équipements militaires.

Sur une période de 12 mois, l'opération Sophia pourra notamment détourner les navires suspects vers un port à proximité afin de saisir et détruire les armements.

Pour mener à bien les inspections, les Européens sont autorisés « à prendre toutes les mesures dictées par les circonstances », précise la résolution. 

L'opération Sophia, qui sillonne la Méditerranée depuis le 22 juin 2015, réunit 24 des 28 États membres de l'UE dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Son but initial est d'arrêter les passeurs qui incitent les migrants à faire la traversée vers l'Europe.

Avec la résolution adoptée mardi, l'ONU vise à faire respecter l'embargo sur les armes qui est imposé à la Libye depuis 2011.

Une aide pour le gouvernement libyen

Certaines exemptions à l'embargo sont toutefois prévues afin de permettre au gouvernement d'union nationale (GNA) de se procurer certaines armes pour lutter contre le groupe armé État islamique.

Le GNA devra fournir ses demandes au Comité de l'ONU en charge de l'embargo, qui devra les étudier « en toute diligence ».

Selon l'ambassadeur français à l'ONU, François Delattre, qui préside le Conseil en juin, cette résolution « a le potentiel de changer la donne en Libye » et « donnera enfin les moyens de mieux lutter contre Daech en stoppant le flot d'armes qui nourrit l'instabilité en Libye ».

Depuis un mois, les forces qui soutiennent le GNA mènent une offensive contre l'un des fiefs du groupe État islamique à Syrte, situé à 450 km de la capitale Tripoli.

La plupart des armes qui entrent sur le territoire libyen ne vont pas au gouvernement légitime, mais tombent plutôt entre les mains de son rival et de divers groupes armés. L'ONU estime de son côté qu'environ 20 millions d'armes et de munitions sont actuellement détenues par les six millions de Libyens.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent se réunir le 20 juin à Luxembourg pour mettre en vigueur cette résolution. Il est prévu que les Européens s'occupent de la formation des garde-côtes libyens dans les mois à venir.

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