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L'ONU envoie une équipe spécialisée dans les crimes de guerre à Gaza

Une équipe internationale spécialisée dans les crimes de guerre sera envoyée à Gaza pour établir si des violations du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l'homme ont été commises lors d'affrontements entre l'armée israélienne et des Palestiniens, a décidé vendredi le Conseil des droits de l'homme des Nations unies.

La résolution qui appelle à « l'envoi de toute urgence d'une commission internationale indépendante » à Gaza a été adoptée par 29 des 47 membres du Conseil. Quatorze pays se sont abstenus, dont la Suisse, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Seuls les États-Unis et l'Australie s'y sont opposés.

Les commissaires devront « enquêter sur les violations et mauvais traitements présumés [...] dans le contexte des assauts militaires menés lors des grandes manifestations civiles qui ont commencé le 30 mars 2018 », y compris ceux qui « pourraient relever de crimes de guerre ».

Rapidement, Israël et les États-Unis ont dénoncé la nouvelle résolution par communiqué. « Israël rejette complètement la décision du Conseil des droits de l'homme, qui prouve une fois de plus qu'il s'agit d'un organe à majorité automatique anti-israélienne dominé par l'hypocrisie et l'absurdité », a déclaré le ministère israélien des Affaires étrangères.

« C'est un nouveau jour de honte pour les droits de l'homme », a pour sa part écrit l'ambassadrice américaine Nikki Haley, indiquant que l'équipe internationale enquêtera sur « la légitime défense d'un pays démocratique à sa propre frontière contre des attaques terroristes ».

L’OCI veut une « force de protection internationale » pour les Palestiniens

Réunis vendredi à Istanbul en Turquie, les représentants des 57 pays de l'Organisation de la coopération islamique ont pour leur part demandé l'envoi d'une force de protection internationale pour les Palestiniens. L'OCI a condamné « les actions criminelles des forces israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, notamment dans la bande de Gaza ».

Prenant la parole à l’ouverture de ce sommet, le président turc Recep Tayyip Erdogan a comparé le traitement réservé par l'État hébreu aux Palestiniens de Gaza à la persécution des juifs sous les nazis.

Des heurts dans la bande de Gaza depuis fin mars

Chaque vendredi depuis le 30 mars, des Palestiniens protestent le long de la frontière avec Israël pour exiger le « droit au retour » des réfugiés palestiniens et dénoncer le strict blocus de Gaza par Israël.

Il y avait environ un millier de manifestants ce vendredi le long de la frontière avec Israël. Ismaïl Haniyeh, dirigeant du mouvement Hamas dans la bande de Gaza, a rejoint les manifestants, brandissant le drapeau palestinien.

Plus tôt, dans une mosquée de Gaza, M. Haniyeh a promis que les protestations, qui durent depuis le 30 mars, continueraient « jusqu'à ce que le siège de la bande de Gaza soit complètement levé ».

Les manifestants s'opposent aussi à l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, qui concrétise la reconnaissance de cette ville comme capitale d'Israël par les États-Unis.

Lundi, au moins 58 Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne au cours de manifestations monstres dénonçant le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem. Il s'agissait de la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis 2014.

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