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L’ONU somme l’Europe de mettre les migrants à l’abri du froid

L'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est alarmée vendredi du sort des réfugiés et migrants, particulièrement vulnérables face à la vague de froid qui s'est abattue sur une partie de l'Europe.

L'agence onusienne exhorte les gouvernements européens à en faire davantage pour les aider et à cesser de les repousser aux frontières ou de les soumettre à des violences. Au moins cinq décès liés au froid ont été enregistrés parmi les réfugiés, a dit Cécile Pouilly, porte-parole du HCR.

Les corps de deux Irakiens et d'une jeune Somalienne ont été découverts en Bulgarie, près de la frontière turque. Un Afghan de vingt ans est mort après avoir franchi à la nage le fleuve Evros, entre la Grèce et la Turquie, en pleine nuit, par une température inférieure à -10°C.

Les circonstances du cinquième décès n'ont pas été précisées.

« Il s'agit de sauver des vies humaines, et pas de paperasserie ou de conformité avec des arrangements bureaucratiques », s'est émue de son côté Sarah Crowe, porte-parole de l'UNICEF, le Fonds des Nations unies pour l'enfance, lors du même point de presse à Genève.

« La pire situation se produit aujourd'hui en Grèce », a-t-elle ajouté.

Pour les agences onusiennes, il est absolument nécessaire d'accroître l'aide aux réfugiés en Grèce et en Serbie. Et le reste de l'Europe doit s'associer à cet effort. Le HCR demande notamment aux autorités grecques d'accélérer le transfert des réfugiés depuis les îles de la mer Égée vers la Grèce continentale.

Sur les îles de Lesbos et de Chios, des centaines d'entre eux ont été conduits ces tout derniers jours vers des centres d'hébergement offrant de meilleures conditions de vie. Mais un millier d'autres, dont des enfants, vivent dans des tentes ou des dortoirs non chauffés en Grèce sur l'île de Samos.

En Serbie, les agences de l'ONU rapportent que 80 % environ des 7300 réfugiés, demandeurs d'asile et migrants sont hébergés dans des centres chauffés ouverts par les autorités. Mais 1200 hommes sont exposés à des conditions extrêmes dans des camps de fortune à Belgrade, la capitale serbe.

Certains réfugiés et migrants affirment en outre être soumis à des violences policières ou victimes de confiscation de leurs téléphones portables.

Compte tenu de ces circonstances hivernales rigoureuses, nous sommes extrêmement préoccupés par les informations signalant que les autorités dans tous les pays situés le long de la route des Balkans occidentaux continuent de repousser des réfugiés et des migrants vers les pays voisins.

Cécile Pouilly, porte-parole du HCR

« Certains ont même indiqué qu'on leur avait confisqué des vêtements, les rendant encore plus vulnérables à la rigueur de l'hiver. Ces pratiques sont tout simplement inacceptables et doivent cesser. »

Situation catastrophique

Loïc Jaeger, chef de mission de Médecins sans frontière (MSF) en Grèce, déplore la situation catastrophique qui règne présentement, notamment à Lesbos, une île grecque qui sert de porte d'entrée des réfugiés en Europe et où 30 centimètres de neige sont tombés il y a deux jours.

« Cela fait plus de huit mois qu'environ 40 000 réfugiés sont coincés en Grèce dans des conditions qui sont très loin des standards humanitaires; un grand nombre d'entre eux vivent dans de simples tentes de camping » se désole M. Jaeger, en entrevue à Radio-Canada.

Tous les centres équipés de manière adéquate sont débordés ce qui, pour Loïc Jaeger, illustre bien le manque de préparation et de responsabilités des pays européens.

« Ce qui est particulièrement révoltant pour nous, c'est que cette situation n'est pas nouvelle. C'est comme ça depuis sept ou huit mois et malgré des appels répétés de notre part, je ne vois pas d'amélioration », s'indigne le chef de mission de MSF.

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