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L'opposant russe Alexeï Navalny arrêté puis relâché

L'opposant numéro un au Kremlin Alexeï Navalny, soutenu par ses partisans qui ont répondu par milliers à son appel pour dénoncer la « supercherie » de l'élection présidentielle de mars, a été libéré après avoir été brièvement détenu par la police dimanche à Moscou.

« On m'a libéré », a indiqué sur Twitter l'opposant, plus de huit heures après avoir été interpellé par une dizaine de policiers dans le centre de la capitale. Alexeï Navalny venait tout juste de rejoindre les manifestants.

« Aujourd'hui était un jour important [...] Merci à tous ceux qui n'ont pas peur de se battre pour leurs droits », a-t-il écrit sur Twitter.

L'opposant a été inculpé pour « violation des procédures concernant l'organisation d'une manifestation », a indiqué la police moscovite dans un communiqué.

À Moscou, près de 4000 personnes, selon les estimations de l'AFP (environ 1000 selon la police), se sont rassemblées dans le centre-ville, entourées d'un dispositif policier impressionnant.

« Vous avez le droit moral de rentrer chez vous avec le sentiment du devoir accompli », a déclaré 'équipe d'Alexeï Navalny sur Twitter et Youtube une fois la manifestation terminée.

Une petite centaine de manifestants ont continué malgré tout à Moscou à crier en soirée des slogans contre le Kremlin, comme « À bas le tsar », devant le siège du gouvernement.

À Saint-Pétersbourg, dans le nord-ouest, quelque 1500 manifestants ont scandé « La Russie sans Poutine » ou encore « Un, deux, trois, Poutine, tu t'en vas », encerclés eux aussi par d'importants effectifs policiers, avant de se disperser.

Des milliers de manifestants (3500, selon la police) se sont réunis dans près de 120 villes de province, dont Nijni-Novgorod, Tcheboksari, en Russie centrale, Tomsk, en Sibérie, ou encore à Iakoutsk, en Extrême-Orient russe, malgré une température de -45 °C.

Selon l'ONG russe OVD-Info, au moins 257 militants ont été arrêtés dans tout le pays au cours de ces manifestations.

La police fait irruption dans les bureaux de Navalny

La police a fait irruption dimanche matin à Moscou dans les locaux de campagne de l'opposant et dans ceux de son organisation « Fonds de lutte contre la corruption » (FBK), ainsi que dans certains de ses bureaux en région. Plusieurs personnes ont été arrêtées, a annoncé l'équipe de Navalny sur Twitter.

À moins de deux mois de la présidentielle du 18 mars, Alexeï Navalny a appelé les Russes à se réunir sous le slogan « Ce ne sont pas des élections, mais une duperie », pour dénoncer un scrutin selon lui joué d'avance.

Manifester contre le Kremlin, « c'est notre arme politique », a déclaré dans une vidéo dimanche le charismatique blogueur anticorruption. « Tant que nous ne réussirons pas à faire pression de manière efficace sur le pouvoir, nous n'obtiendrons rien. »

La mairie de Moscou, qui n'avait pas autorisé la manifestation de dimanche, a prévenu qu'elle exigerait « des mesures judiciaires » contre l'opposant.

Alexeï Navalny, 41 ans, a été détenu à trois reprises en 2017 pour avoir organisé des manifestations non autorisées réunissant parfois des dizaines de milliers de participants à travers la Russie, avec à la clé plusieurs centaines d'arrestations.

Déclaré inéligible en raison d'une condamnation pénale qu'il estime avoir été orchestrée par le Kremlin, Alexeï Navalny ne peut pas prendre part au scrutin du 18 mars.

Appel au boycottage

Faute de pouvoir se présenter le 18 mars, Alexeï Navalny compte peser sur le taux de participation en appelant à boycotter cette élection.

« Il n'y a actuellement pas de vraies élections et nous exigeons qu'on nous les rende », avait-il expliqué à l'AFP. Le scrutin « consiste de fait à renommer Poutine ».

M. Poutine devrait remporter un quatrième mandat qui le maintiendrait au pouvoir jusqu'en 2024, sauf énorme surprise.

Mais sa victoire pourrait être ternie par un faible taux de participation, véritable casse-tête pour le pouvoir, a dit à l'AFP Lev Goudkov, directeur du centre de sondage indépendant Levada.

En novembre, 58 % des Russes se disaient prêts à aller voter, contre 69 % lors de l'élection présidentielle de 2012 et 75 % pour celle de 2008, d'après un sondage de Levada.

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