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L'opposant vénézuélien Capriles interdit de la politique pour 15 ans

La crise politique au Venezuela prend un nouveau tournant alors qu'un des leaders de l'opposition, Henrique Capriles, est déclaré inéligible pour une période de 15 ans, selon une décision des autorités.

Cela l’empêchera de se porter candidat aux élections présidentielles de 2018. Henrique Capriles a fait cette annonce sur son compte Twitter, tandis que le gouvernement du président Nicolas Maduro n’a pas immédiatement réagi.

L’organisme public responsable de contrôler l’action des fonctionnaires a sanctionné des « irrégularités administratives » durant la gestion de Capriles en tant que gouverneur de l’État de Miranda, un poste qu’il occupe toujours.

Les autorités vénézuéliennes affirment avoir ouvert une enquête au sujet du politicien au début de 2017 à propos de plusieurs irrégularités administratives, entre autres des dons suspects en provenance de l’extérieur du pays.

L’homme politique a la possibilité de faire appel de la décision des autorités dans un délai de 15 jours devant le bureau du contrôleur public, l’instance qui a décrété la sanction, ou dans les six mois devant la Cour suprême.

L’opposition remet en cause l’impartialité de ces deux instances, qu’elle accuse de servir le pouvoir.

L'opposition réclame des élections immédiates

Considéré comme une figure de proue de l’opposition, M. Capriles a été défait par Hugo Chavez en 2012, puis par Nicolas Maduro en 2013, par un mince pourcentage des voix.

Henrique Capriles n’est pas le premier politicien de l’opposition écarté par la justice vénézuélienne. Leonardo Lopez, qui était à la tête du mouvement de contestation en 2014, est derrière les barreaux depuis trois ans.

L’opposition réclame le déclenchement immédiat des élections. Toutefois, on ignore qui serait le porte-étendard de l’opposition dans la course à la présidence maintenant que MM. Lopez et Capriles sont hors course.

Une situation économique difficile

Le Venezuela, dont l’économie s’est effondrée en raison de la chute des cours du pétrole, vit une profonde crise politique depuis que l’opposition du centre droit a remporté une victoire lors des élections législatives de 2015.

La situation s’est aggravée au cours des derniers jours alors que la Cour suprême s’est arrogé brièvement les pouvoirs du Parlement, ce qui a déclenché un tollé. Quarante-huit heures plus tard, le plus haut tribunal du pays revenait sur sa décision de retirer au Congrès ses pouvoirs législatifs.

Cette décision avait suscité plusieurs critiques tant en Amérique du Sud qu’ailleurs dans le monde, plusieurs observateurs y voyant la fin de la démocratie au Venezuela.

Le 6 mars, environ 5000 manifestants antichavistes – du nom du défunt président Hugo Chavez et mentor de Nicolas Maduro – ont pris d’assaut la principale autoroute de la capitale Caracas avec l’intention de se rendre au centre-ville.

Les autorités ont eu recours aux gaz lacrymogènes et aux canons à eau afin de disperser les manifestants opposés au régime du président socialiste Nicolas Maduro.

Le Venezuela paye le prix de sa forte dépendance à ses ressources pétrolières, sa principale richesse, et Nicolas Maduro peine à faire sortir le pays du marasme économique.

Le manque de devises, qui a entraîné un gel des importations, a provoqué d’importantes pénuries de denrées et a fait grimper en flèche les prix des produits d’alimentation.

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