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L'opposition en Turquie échoue à faire invalider le référendum

Les partis d'opposition qui tentaient de faire annuler le référendum remporté dimanche par le président Erdogan ont essuyé un revers, mercredi, la Commission électorale de la Turquie ayant rejeté leurs recours.

Le Haut-Conseil électoral turc a confirmé la décision rendue à 10 voix contre une.

L'opposition tentait, par ces recours, non seulement de faire annuler le vote, mais aussi d'obtenir l'organisation d'un nouveau scrutin.

Le principal parti d'opposition, le CHP, et la formation prokurde, le HDP, allèguent que des irrégularités ont entaché le scrutin. Ils en ont particulièrement contre la décision de la commission électorale d'avoir, à la dernière minute, considéré comme étant valides des bulletins de vote non marqués du sceau officiel des scrutateurs.

Les partis d'opposition décideront jeudi s'ils porteront leur cause devant la Cour constitutionnelle turque, voire devant la Cour européenne des droits de l'homme. « C'est une grave crise de légitimité. Nous utiliserons tous les moyens légaux disponibles », a déclaré mercredi le vice-président du parti laïque, Bülent Tezcan.

Le règne d'Erdogan se consolide

Élu président en 2014, Recep Tayyip Erdogan avait pendant onze années auparavant occupé la fonction de premier ministre. Après être sorti indemne d'un coup d'État tenté contre lui en juillet 2016, le président Erdogan a entrepris une vaste réforme destinée à faire passer la Turquie d'un système de gouvernement parlementaire à un système présidentiel.

C'est pour se prononcer sur cette réforme que la population turque a été appelée aux urnes, le 16 avril dernier, par voie référendaire.

Le camp du oui, favorable à la réforme constitutionnelle proposée par le président, l’a emporté avec 51,4 % des votes.

Des pouvoirs élargis pour le président

Parmi les changements qui seront apportés dans la foulée du référendum, il y a l'abolition du poste de premier ministre et la création d'un poste de vice-président.

Plus encore, le président deviendra à la fois chef d'État et de gouvernement, il pourra dissoudre le Parlement et instaurer des lois par décret.

Le Parlement, en revanche, perdra le pouvoir d'examiner le travail des ministres et disposera de pouvoirs limités pour enquêter sur le président ou, encore, pour le destituer.

Mécontentement et allégations d'iniquités

Dès le lendemain du vote référendaire, les observateurs du Conseil de l'Europe et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont estimé qu'il s'était déroulé dans des conditions inéquitables.

Et par rapport à la contestation faite par les membres de l'opposition, le premier ministre de la Turquie, Binali Yildirim, a déclaré qu'ils avaient le droit de contester les résultats du référendum. Mais du même souffle il a dénoncé les appels aux manifestations lancés par ces derniers.

Des milliers de personnes sont descendues dans les rues d'Ankara et d'Istanbul depuis dimanche pour protester contre le référendum.

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