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L'ouragan Maria a handicapé l'industrie pharmaceutique portoricaine

Près de la moitié des compagnies pharmaceutiques à Porto Rico n'avait pas encore repris la production de médicaments en fin de semaine.

Un texte de Christian Latreille, envoyé spécial à Porto Rico

Porto Rico est l’un des plus importants producteurs pharmaceutiques au monde, où logent 11 des 20 plus importantes entreprises de ce secteur telles que Merck, Pfizer, Johnson & Johnson et Eli Lilly.

« Nous n’avons que 50 % de nos usines qui fonctionnent partiellement ou totalement », affirme Wendy Perry, directrice chez Merck et vice-présidente de l’Association de l’industrie pharmaceutique de Porto Rico.

Une situation qui inquiète la Food and Drug Administration (FDA), laquelle supervise la vente de médicaments aux États-Unis.

La FDA s’est d’ailleurs rendue sur place pour constater les dégâts causés par l’ouragan Maria.

On veut éviter à tout prix une pénurie de certains médicaments dont l’usage est critique pour la santé de millions de personnes, non seulement aux États-Unis, mais aussi ailleurs dans le monde.

Porto Rico produit 13 des médicaments les plus vendus sur la planète comme Tylenol, Humira pour l’arthrite, Prezista contre le sida et Methotrexate, utilisé par les enfants atteints de leucémie.

Pour sa part, Merck produit, entre autres, le Janumet XR pour le diabète et le Belsomra contre l’insomnie.

Le centre administratif de Merck, à San Juan, était encore fermé en fin de semaine après le passage de Maria.

Selon nos informations, l’usine de Merck aurait repris sa pleine production samedi.

Un secteur crucial pour l'économie portoricaine

Le vice-président de Merck là-bas, Marco da Costa, nous a refusé l’accès aux installations de Las Piedras situé à environ une heure de la capitale, San Juan.

Wendy Perry a admis que l’industrie s’inquiète pour production à moyen et à long terme.

« Les pharmaceutiques peuvent fournir des médicaments pour encore 4 à 6 semaines, mais si l’électricité et les télécommunications ne reviennent pas à la normale, la situation risque de devenir difficile », précise-t-elle.

La production de certains médicaments pourrait même devoir déménager si les usines ne reprennent pas rapidement leur rythme de croisière.

Une situation que l’on veut éviter à tout prix, ici, étant donné que l’industrie pharmaceutique représente 30 % du produit intérieur brut de ce territoire américain par rapport à 7 % pour le tourisme.

Près de 80 000 emplois directs et indirects dépendent de la production de médicaments. Il s’agit d’une industrie cruciale d’une valeur d’environ 15 milliards de dollars sur une île dont les finances publiques et l’économie traversent une grave crise.

« Nos inventaires suffisent pour l’instant, constate Wendy Perry, mais nous prenons la situation très au sérieux et travaillons de très près avec le gouvernement pour trouver des solutions. »

Les États-Unis dépendent de Porto Rico pour leurs médicaments et Porto Rico dépend de Washington pour se relever du plus puissant ouragan à n’avoir jamais frappé l’Île.

Les Portoricains savent qu’il n’y a pas de remède miracle pour rebâtir leur territoire et redémarrer leur industrie pharmaceutique.

Les maux de tête que leur cause le passage de l’ouragan Maria pourraient prendre des années à guérir, médicaments ou pas.

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