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L'UNESCO déplore la destruction de trésors patrimoniaux en Irak

La directrice de l'UNESCO, Irina Bokova, déplore la destruction de la mosquée Al-Nouri et du minaret penché emblématique de la vieille ville de Mossoul au cours de la bataille qui fait rage dans la ville. Le groupe armé État islamique (EI) et la coalition dirigée par les Américains, qui s'y affrontent, s'accusent mutuellement d'avoir détruit les trésors patrimoniaux.

Retranché dans la vieille ville de Mossoul, l’EI aurait fait exploser la mosquée construite au 12e siècle et son minaret emblématique. La mosquée Al-Nouri et le minaret Al-Hadba étaient considérés par l’UNESCO comme une pièce de l’inestimable héritage culturel irakien.

Le ministère irakien de la Défense a déclaré que des djihadistes de l’EI avaient placé des explosifs à l’intérieur des structures, mercredi, avant de les faire exploser. Le premier ministre irakien a déclaré sur Twitter que la destruction des deux trésors patrimoniaux constituait une admission que l’EI est en train de perdre la bataille pour le contrôle de la deuxième ville d’Irak.

« Nos forces étaient en train d'avancer [...] dans la vieille ville et lorsqu'elles sont arrivées à 50 mètres de la mosquée Al-Nouri, Daech a commis un nouveau crime historique en faisant exploser la mosquée Al-Nouri et Al-Hadba », le minaret penché qui lui est adjacent, a déclaré dans un communiqué le général Abdulamir Yarallah, le commandant irakien responsable de l'offensive de Mossoul, en utilisant l’acronyme arabe de l'EI.

En détruisant ces monuments historiques, l'EI a « officiellement reconnu sa défaite », a déclaré le premier ministre irakien, Haider Al-Abadi.

« C’est un choc, un très gros choc », a ajouté à l’intention de l’Associated Press le professeur d’archéologie de l’Université de Mossoul, Amir Al-Jumaili.

Construite au 12e siècle, la mosquée Al-Nouri, aussi connue sous le nom de Grande Mosquée de Mossoul, est l’endroit d’où le chef de l’EI, Abou Bakr Al-Baghdadi, avait proclamé la fondation d’un califat islamique, sur les territoires syriens et irakiens conquis par ses troupes, à l’été 2014. Al-Baghadi aurait d'ailleurs été tué lors d'une frappe aérienne, selon le ministère russe de la Défense.

Quant au minaret, qui était incliné comme la tour de Pise, il défiait la gravité depuis 840 ans.

L'EI contre-attaque

De son côté, l’EI a publié un communiqué, peu de temps après l’annonce du ministère irakien de la Défense, pour attribuer la destruction de la mosquée et du minaret à une frappe aérienne américaine. Des allégations rejetées par les États-Unis.

Le colonel de l’armée américaine Ryan Dillon a indiqué que les avions de la coalition « n’avaient pas effectué des frappes dans cette région à ce moment ».

Les combattants de l’EI avaient déjà tenté de détruire le minaret en juillet 2014, arguant que la structure contrevenait à leur interprétation fondamentaliste de l’Islam. Mais des citoyens de Mossoul avaient convergé vers le minaret pour y former une chaîne humaine tout autour afin de le protéger contre les djihadistes.

Des résidents de Mossoul ont d’ailleurs rapporté, plus tôt au cours du mois de juin, que des combattants de l’EI avaient commencé à boucler le secteur autour de la mosquée. Ils ont même ordonné aux familles vivant à proximité de la mosquée de quitter le secteur – vraisemblablement en prévision du baroud d’honneur des djihadistes.

« C’est un crime contre le peuple de Mossoul et de tout l’Irak, et un exemple de la raison pour laquelle cette organisation brutale doit être annihilée », a déclaré le commandant de la coalition des forces terrestres en Irak et major général de l’armée américaine, Joseph Martin.

Les djihadistes de l’EI ont détruit des douzaines de sites historiques et archéologiques dans la région de Mossoul en prétendant qu’ils faisaient la promotion de l’idolâtrie.

La bataille de Mossoul

Harcelé par des forces régionales appuyées par une coalition dirigée par les États-Unis, le territoire contrôlé par l’EI n’a cessé de rétrécir au cours des deux dernières années. Les offensives répétées de cette mosaïque de forces ont fait reculer les djihadistes dans leurs derniers retranchements. Ils ont ainsi trouvé refuge dans la vieille ville de Mossoul.

La destruction de la mosquée et du minaret intervient au quatrième jour de l’offensive de l’armée irakienne contre Mossoul. Les forces de l’EI opposent toutefois une résistance farouche.

« La bataille de Mossoul n'est pas encore terminée », a prévenu la coalition, alors que quelques centaines de djihadistes seraient toujours retranchés dans la vieille ville de Mossoul, parmi plus de 100 000 civils.

L’EI avait pris le contrôle de Mossoul il y a près de trois ans y imposant sa version fondamentaliste de la loi islamique (charia).

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