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La base syrienne frappée par les États-Unis de nouveau opérationnelle

Des avions ont pu décoller samedi de la base aérienne de Shayrat, qui a été visée vendredi par des tirs de missiles américains, a confirmé le gouverneur de la province de Homs.

Dans la nuit du 6 avril, les États-Unis ont mené une frappe de 59 missiles visant un terrain d’aviation syrien, en riposte à l’attaque au gaz chimique dans le village de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idlib. Les missiles Tomahawk ont endommagé des bâtiments de la base et tué huit militaires, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Des critiques ont toutefois pointé l'inefficacité de ce bombardement. Un responsable étranger de l'alliance militaire qui soutient le président syrien Bachar Al-Assad a affirmé que la base avait été en grande partie évacuée grâce à une mise en garde de la Russie, qui avait été prévenue par Washington.

Samedi après-midi, le président Donald Trump a précisé sur son compte Twitter que la piste de l'aéroport n'était pas la cible du bombardement, car « les pistes sont faciles et peu coûteuses à réparer. »

« J'ai ordonné cette action pour dégrader l'aptitude de l'armée syrienne à mener d'autres attaques à l'arme chimique et à dissuader le régime syrien d'utiliser ou de développer des armes chimiques », a-t-il ajouté dans une missive envoyée samedi aux chefs de la Chambre des représentants et du Sénat américain.

Plusieurs membres du Congrès avaient critiqué le manque de communication de la Maison-Blanche avant de mener cette frappe. Ils soutiennent que le président aurait dû préalablement demander la permission au Congrès.

« J'ai agi pour les intérêts vitaux de la sécurité nationale et de la politique étrangère des États-Unis, conformément à mon autorité constitutionnelle pour conduire des opérations internationales en tant que commandant en chef », leur a-t-il répondu, samedi.

Le village visé par l’attaque chimique de nouveau frappé

Pendant ce temps, les violences se sont poursuivies toute la journée, samedi, dans plusieurs régions de la Syrie.

D'abord, un nouveau raid aérien sur Khan Cheikhoun a tué une femme, selon l’OSDH. D'après les comités de coordination locaux, les frappes auraient été effectuées par des avions russes.

Toujours dans la province d'Idlib, Moscou serait aussi derrière un autre raid qui a fait 18 victimes civiles dont 5 enfants, cette fois sur le village d'Urum al-Joz.

Une frappe aérienne de la coalition soutenue par les États-Unis a également touché un village sous l'emprise du groupe armé État islamique, Hneida, tuant au moins 13 civils.

De plus, une femme a été tuée et 25 personnes blessées dans une explosion survenue dans un autobus à une trentaine de kilomètres au sud de la ville de Homs.

Par ailleurs, près de 400 rebelles ont quitté avec leurs familles Waer, le dernier quartier tenu par les insurgés dans la ville de Homs, en vertu d'un accord conclu entre le régime et la rébellion sous la supervision de la Russie en 2015. Cette évacuation permettra au régime de Bachar Al-Assad de prendre le contrôle total de la troisième ville de Syrie.

Entretien Lavrov-Tillerson

Sur le plan diplomatique, le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, se sont entretenus au téléphone samedi à propos de la situation en Syrie et des frappes américaines.

M. Lavrov a assuré à son homologue américain que l'armée syrienne n'avait pas utilisé d'arme chimique et que ces accusations « ne sont pas conformes à la réalité ».

Malgré les tensions entre les États-Unis et Washington causées par les frappes américaines en Syrie, M. Tillerson prévoit toujours se rendre à Moscou, le 11 et 12 avril, pour rencontrer le ministre russe des Affaires étrangères.

Boris Johnson annule sa visite à Moscou

Pour sa part, le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a annoncé samedi qu'il annulait sa visite diplomatique prévue la semaine prochaine à Moscou, parce que les « développements en Syrie » ont « fondamentalement changé la situation ».

Le chef de la diplomatie du Royaume-Uni devait se rendre le 10 avril prochain dans la capitale russe, mais le soutien indéfectible du Kremlin au régime de Bachar Al-Assad a changé la donne.

« La priorité est désormais de maintenir le contact avec les États-Unis et d'autres » en prévision des prochaines rencontres du G7, les 10 et 11 avril prochains, a-t-il indiqué.

M. Johnson a dit souhaiter « construire un soutien international coordonné » afin de parvenir à un cessez-le-feu en Syrie.

La Russie devrait faire « tout ce qui est possible pour qu’un règlement politique ait lieu en Syrie et pour travailler avec le reste de la communauté internationale » afin que les événements « choquants » des derniers jours ne se reproduisent plus, a-t-il fait valoir.

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