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La Californie revoit sa législation sur les agressions sexuelles après l’affaire Brock Turner

L'État de Californie adopte deux lois venant renforcer la législation en cas d'agression sexuelle, en réponse à l'indignation suscitée par la peine de six mois de prison pour viol d'un ancien nageur de l'Université de Stanford.

Brock Turner, 21 ans, condamné pour le viol d'une femme ivre et inconsciente sur le campus, a recouvré sa liberté début septembre pour bonne conduite, après avoir purgé la moitié de sa peine. Il sera en probation pendant trois ans en Ohio, d'où il est originaire.

Le gouverneur démocrate de la Californie, Jerry Brown, a signé vendredi une loi qui rend obligatoire de purger une peine dans une prison d'État sans qu'un juge puisse accorder de libération conditionnelle pour ceux qui sont reconnus coupables d'agression sur une personne inconsciente.

L'autre loi approuvée vient élargir la définition légale de viol pour inclure d'autres formes d'agressions, telles que la pénétration avec un corps étranger. La loi de Californie définissait jusque-là le viol de manière plus stricte, c'est-à-dire comme une relation sexuelle non consentante entre un homme et une femme, et seul le viol avec l'usage de la force était passible d'une peine de prison ferme.

Ces deux lois avaient précédemment été votées par l'Assemblée législative de la Californie, après le tumulte né de l'affaire Brock Turner.

Ce dernier faisait face à une peine minimale de deux ans dans une prison d'État. Les procureurs avaient réclamé six ans de pénitencier, mais le juge du comté de Santa Clara, Aaron Persky, a invoqué des circonstances extraordinaires, telles que le jeune âge de cet espoir olympique et son casier judiciaire vierge, pour le condamner à une courte peine dans une prison de comté.

Par ailleurs, son crime a été considéré comme non violent en vertu de la loi californienne, parce qu'il a agressé une personne inconsciente ou intoxiquée qui ne pouvait pas résister, et n'a donc pas dû utiliser la force.

L'un des rapporteurs de la loi, le député californien Bill Dodd, avait déclaré, au moment de la proposition de texte, fin juin, que le fait de laisser des personnes reconnues coupables de tels crimes s'en sortir avec une liberté conditionnelle décourageait d'autres victimes de se manifester et envoyait le message que violer des personnes dans l'incapacité [de résister] n'était pas un problème.

Le gouverneur, dans une déclaration écrite, a expliqué que d'ordinaire, il était contre le fait d'augmenter le nombre de crimes punis d'une peine minimale, mais que la législation apportait une mesure de parité pour des actes criminels qui sont substantiellement similaires. La Californie a plutôt tendance actuellement à réduire les peines de prison obligatoire pour tenter de remédier à la surpopulation carcérale.

L'affaire Turner a été sous les feux de l'actualité après la publication d'une lettre ouverte de la victime à son agresseur, diffusée dans les médias et les réseaux sociaux. Le pays s'était indigné, et une pétition de plus d'un million de signataires avait réclamé le congédiement du juge Aaron Persky, accusé d'avoir eu, en tant qu'ancien athlète de l'Université de Stanford, un parti pris en faveur de Turner.

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