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La Catalogne défie l’Espagne avec son nouveau référendum d’indépendance

La Catalogne se séparera de l'Espagne dans les 48 heures suivant une victoire du « oui » lors du référendum sur l'indépendance prévu en octobre, a promis la coalition au pouvoir de la région, défiant Madrid une fois de plus.

« Un vote décisif aura lieu le 1er octobre, nous respecterons le vote de tous les citoyens de Catalogne », a déclaré le président séparatiste de Catalogne Carles Puigdemont lors d'une conférence mardi.

Plus tôt dans la journée, des députés indépendantistes ont détaillé le contenu de la loi destinée à organiser ce vote, dont la tenue est interdite par la justice espagnole et n'est donc pas encore assurée.

Le référendum proposera aux Catalans un choix binaire pour savoir s'ils veulent, ou non, que la région la plus riche d'Espagne devienne un État indépendant.

Si le « oui » l'emportait, le gouvernement régional a prévu de déclarer son indépendance dans les 48 heures. En cas de victoire du « non », une élection anticipée serait organisée pour former un nouveau gouvernement.

Les séparatistes se basent sur le deuxième article de la Constitution espagnole, qui stipule que le « peuple de Catalogne est un sujet politique souverain », pour affirmer que la loi présentée mardi prévaudra sur toute autre norme et se placera donc au-dessus de la Constitution.

Référendums controversés

La Catalogne, deuxième région la plus peuplée d’Espagne avec ses 7,5 millions d’habitants, a vécu un essor rapide de l’indépendantisme depuis 2010. Cette vague a par la suite été favorisée par l’absence de dialogue avec les conservateurs de Mariano Rajoy, arrivés au pouvoir à la fin de 2011.

En octobre 2014, Artur Mas, qui était alors président de la Généralité de Catalogne, avait dû annuler un référendum sur l'indépendance prévu le mois suivant, au profit d'une consultation informelle par laquelle plus de 80 % des votants avaient dit « oui » à l'indépendance.

La société catalane est pourtant encore profondément divisée : 48,5 % des Catalans sont contre la sécession, tandis que 44,3 % y sont favorables, selon un récent sondage d'un institut dépendant du gouvernement catalan. Plus de 70 % d'entre eux aimeraient tout de même trancher la question par un référendum.

La Constitution de 1978 garantit à Madrid la possibilité d’intervenir directement dans la gouvernance de la région catalane, jusqu'à la contraindre d'abandonner l'idée d'un référendum.

Le gouvernement de Mariano Rajoy a annoncé qu'il allait, comme il l'a fait chaque fois, bloquer toute nouvelle tentative d'organiser une telle consultation.

Selon le président, toute question relative à la souveraineté nationale doit être débattue par l'ensemble des Espagnols. Il a d’ailleurs saisi la Cour constitutionnelle, qui, une fois de plus, a déclaré la consultation catalane illégale, sous peine de poursuites.

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