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La Catalogne s'engage sur la voie d'un nouvel affrontement avec Madrid

L'ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, actuellement en exil en Belgique, est officiellement en lice pour récupérer son poste, malgré les mises en garde de Madrid, qui juge cette option illégale.

Le nouveau président du Parlement catalan, Roger Torrent, a formellement proposé lundi aux 135 députés que M. Puigdemont soit investi président de la région. Un vote à ce sujet doit avoir lieu avant le 31 janvier, au plus tard.

Cela est « absolument légitime », a-t-il fait savoir, en faisant valoir que M. Puigdemont est le seul candidat susceptible de constituer un gouvernement ayant l’appui du Parlement.

Les deux grands partis indépendantistes – Junts per Cataunya (JpC), dirigé par M. Puigdemont, et Gauche républicaine de Catalogne (ERC) – ont confirmé la semaine dernière qu’ils appuieront la candidature de l’ex-président.

L'annonce faite lundi n'est pas une surprise, dans la mesure où M. Torrent a été nommé président du Parlement mercredi dernier grâce à l’appui de ces deux mêmes partis. Il est lui-même un indépendantiste issu des rangs de l’ERC.

Lors des élections du 21 décembre, JpC et ERC ont récolté 66 sièges au Parlement catalan, tandis qu’un troisième parti indépendantiste, Candidatura d’Unitat Popular, en a obtenu 4. Ils disposent donc d’une majorité parlementaire.

L'investiture de Puigdemont considérée comme illégale par Madrid

L’investiture de M. Puigdemont demeure problématique, dans la mesure où il s’est exilé en Belgique pour éviter de répondre aux accusations de rébellion et de sédition portées contre lui par la justice espagnole.

Ces accusations ont été déposées dans la foulée du référendum sur l’indépendance qui a eu lieu en Catalogne l’automne dernier, même s’il avait été déclaré illégal par la justice espagnole.

Faisant fi de cette décision, M. Puigdemont a déclaré l’indépendance de la Catalogne, ce qui a poussé Madrid à suspendre l’autonomie de la région, à destituer son Parlement et à organiser de nouvelles élections.

Si M. Puigdemont rentre en Catalogne, il risque d’être arrêté; s’il ne le fait pas, il devra être investi à distance. Or, les services juridiques du Parlement catalan ont eux-mêmes jugé que cette dernière option est contraire aux règles en vigueur.

Le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, qui tient la ligne dure face au mouvement indépendantiste catalan, a déjà fait savoir que son gouvernement combattra la nomination de M. Puigdemont.

« Permettre que quelqu’un soit investi ou prétendre être le président du gouvernement catalan en étant à Bruxelles est illégal », a-t-il réitéré samedi. « Si c’était le cas, l’article 155 continuerait à s’appliquer. »

M. Puigdemont estime pour sa part qu'il peut très bien diriger la Catalogne depuis Bruxelles, grâce aux nouvelles technologies.

L’article 155 de la Constitution espagnole est celui qui a permis à Madrid de destituer le gouvernement catalan le 27 octobre dernier et de prendre le contrôle de l’administration gouvernementale en attendant les nouvelles élections.

Pas de nouveau mandat d'arrêt européen contre Puigdemont

Le parquet général espagnol a par ailleurs profité lundi d’une visite de M. Puigdemont à Copenhague, au Danemark, pour demander une réactivation du mandat d’arrêt européen contre lui.

Cette demande a toutefois été refusée par la Cour suprême du pays quelques heures plus tard.

M. Puigdemont a été invité à participer à un colloque organisé par le département de sciences politiques de l’Université de Copenhague.

Mardi, il doit rencontrer un député des îles Féroé au Parlement danois. Les plus hauts responsables du gouvernement et de l’opposition ont cependant refusé de le rencontrer.

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