Retour

La cavale d’Anis Amri s’invite dans la présidentielle française

Les informations selon lesquelles le principal suspect de l'attentat de Berlin a transité en France avant d'aboutir à Milan, où il a été abattu, ne passent pas inaperçues dans la campagne présidentielle française. Le gouvernement refuse cependant de confirmer ces informations.

Le chef de la police de Milan, Antonio de Iesu, a confirmé qu'Amri est arrivé à la gare de Milan en provenance de la France. Une source judiciaire de Reuters affirme que son billet de train prouve qu’il a voyagé à bord d'un train à grande vitesse vers Turin, avant de se rendre vers Milan.

Plusieurs médias italiens affirment qu’Amri est monté à Chambéry, dans l'est de la France, où le président français François Hollande se trouvait jeudi pour inaugurer un hôpital.

Dans une très brève conférence de presse donnée en soirée, le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, a refusé de confirmer ces informations. Il appartient aux enquêtes de déterminer comment Amri s'est rendu de Berlin à Milan, a-t-il dit, en invitant les médias à faire preuve de « la plus grande prudence face aux informations qui circulent actuellement ».

Il a aussi assuré que les contrôles de sécurité avaient été renforcés aux frontières entre la France et l'Allemagne, le Luxembourg et la Suisse.

Plus tôt dans la journée, Thierry Solère, porte-parole du candidat de la droite à la présidentielle, François Fillon, a estimé sur BFM-TV que cette situation « montre une défaillance de notre système de sécurité ». Sur Twitter, il pressait le ministre de l’Intérieur de s’expliquer.

Éric Ciotti, député du parti de droite Les Républicains (LR), s'étonne lui que le principal suspect de l'attaque au camion de Berlin ait pu franchir les frontières européennes et appelle à de profondes réformes. « Cela démontre que nous n'avons pas un contrôle suffisamment efficace et protecteur et qu'il faudra être beaucoup moins naïf », a-t-il écrit sur Twitter.

« Cela appelle à des réformes profondes et à des moyens supplémentaires pour mieux contrôler nos frontières, d'abord les frontières externes de l'Europe et ensuite les frontières internes », a-t-il précisé ultérieurement sur BFM TV.

Le Pen attaque l'accord de Schengen

L’affaire a également été récupérée par Marine Le Pen. La présidente du Front national fustige l'accord de Schengen, qui s'est traduit par une abolition des contrôles aux frontières intérieures de 22 pays européens.

« Cette escapade dans deux ou trois pays a minima est symptomatique de la catastrophe sécuritaire totale que représente l'espace Schengen », a déclaré Mme Le Pen, dans un communiqué.

« Le mythe de la libre circulation totale en Europe, auquel s'accrochent encore mes adversaires dans cette élection présidentielle, doit être définitivement enterré. Il en va de notre sécurité », ajoute-t-elle.

La candidate à la présidentielle réitère son engagement, si elle est élue, à « redonner à la France la pleine maîtrise de sa souveraineté, de ses frontières nationales et de mettre fin en conséquence aux accords de Schengen ».

D'autres ténors du parti, comme Florian Philippot et Marion Maréchal Le Pen, ont aussi relayé la position de Marine Le Pen sur Twitter, dénonçant le « terrorisme sans frontières de Schengen ».

Au Royaume-Uni, ce discours est également relayé par l'ancien leader du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), Nigel Farage, qui a joué un rôle-clé dans la campagne qui a mené les Britanniques à choisir de quitter l’Union européenne.

« Si l'homme tué à Milan est le tueur de Berlin, preuve est faite que l'espace de Schengen est un risque pour la sécurité publique », a-t-il écrit lui aussi sur Twitter.

Plus d'articles

Commentaires